Affaire Jacques Bouthier : sur la piste d’un prédateur sexuel à Tanger

Arrêté en mai dernier, Jacques Bouthier est visé par plusieurs enquêtes en France et au Maroc. Selon les témoignages recueillis par TelQuel, la ville de Tanger, où séjournait souvent le fondateur et désormais ex-PDG du groupe Vilavi (ex-Assu 2000), était son “terrain de chasse” de prédilection. Enquête sur les rouages d'un “système B” bien huilé.

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Aujourd'hui, les dossiers s’accumulent contre l'ex-PDG, et les langues se délient. Victimes et témoins décrivent un véritable processus de prédation, le “système B.” Crédit: DR

C’est dans sa maison en Charente-Maritime, dans le sud-ouest de la France, que Jacques Bouthier a été arrêté le 17 mai 2022. Le richissime fondateur du groupe de courtage en assurances Assu 2000 (devenu Vilavi en janvier 2022) est accusé d’avoir violé au moins une fille mineure et d’avoir monté tout un réseau de prostitution et de traite de mineures au profit d’autres prédateurs.

À son domicile, les policiers saisissent même des fichiers pédopornographiques. Si, en France, cette interpellation choc a fait les choux gras des médias et des réseaux sociaux, au Maroc, l’affaire a connu un retentissement limité. Pourtant, le royaume est concerné à plus d’un titre par le dossier Bouthier. Retour en arrière.

La première victime présumée à avoir dénoncé le patron du groupe Vilavi à la police, deux mois avant son arrestation, est marocaine. Âgée de 22 ans, elle accuse nommément Jacques Bouthier de l’avoir hébergée dans son appartement contre des relations sexuelles quand elle n’avait que 16 ans.

Cette même plaignante dévoile ensuite aux enquêteurs une vidéo montrant Bouthier au lit avec “sa remplaçante” : une jeune fille mineure, de 14 ans. Au Maroc, quatre autres plaintes sont déposées, le 17 juin, contre l’ex-PDG (il a démissionné suite à son interpellation) pour des faits de “harcèlement sexuel”, d’“attentat à la pudeur”, de “violences verbales et psychiques” et de “traite des êtres humains”.

Les plaignantes sont toutes d’anciennes employées du centre d’appel du groupe à Tanger, où le richissime entrepreneur se rendait régulièrement. Ses “visites surprises” pouvaient survenir plusieurs fois par mois et donnaient lieu à des “séances de harcèlement sexuel et de rabattage”, rapportent plusieurs témoins à TelQuel.

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