Le CCME présente une étude sur les trajectoires migratoires des femmes marocaines

Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) a présenté, vendredi à Rabat, une étude synthétique inédite sous le thème "Migrantes marocaines: trajectoires, itinéraires et modes d'insertion", rédigée par la sociologue et spécialiste des migrations, Fatima Ait Ben Lmadani.

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Une Marocaine tient son passeport devant son ordinateur affichant un visa Schengen dans la capitale Rabat, le 28 septembre 2021. Crédit: FADEL SENNA / AFP

Quel circuit migratoire les femmes marocaines ont emprunté depuis les années 1960? C’est une des questions auxquelles une étude commandée par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) et pilotée par Fatima Aït Ben Lmadani, sociologue et spécialiste des migrations.

Rendue publique lors d’un séminaire organisé au siège du CCME, cette étude restitue les étapes historiques des migrations, en mettant en exergue plusieurs points aveugles et phénomènes occultés comme l’émigration, dès les années 1960, de femmes seules ou non accompagnées.

Pour dresser un état des lieux global des principales vagues migratoires féminines marocaines, les caractériser, analyser leurs évolutions récentes et leurs dynamiques, Fatima Aït Ben Lamdani a procédé à une analyse des mutations les plus récentes de ces migrations.

Ces mutations vont du regroupement familial à l’entrée dans la vie active en passant par les migrations saisonnières et la mondialisation des destinations. La chercheuse met aussi en lumière les discriminations et préjugés dont souffrent les femmes émigrées.

Dans une déclaration à M24, la chaîne d’information en continu de la MAP, Driss El Yazami, le président du CCME a indiqué que cette étude présente les dernières publications dans le domaine de la migration avec un langage simple et accessible par tous. Le président du CCME souligne également que la question des migrants marocains en général et des femmes migrantes en particulier « demeure un sujet qui intéresse beaucoup de familles marocaines, qui sont liées d’une manière ou d’une autre aux immigrés ».

« Cette étude sera au centre de futurs débats académiques, car elle fait partie d’une nouvelle collection intitulée « Les notes du Conseil », a-t-il ajouté, soulignant que le Conseil a œuvré pour rendre l’étude solide et basée sur des recherches modernes et des données scientifiques accessibles.

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Révélant des informations jusque là inconnues ou négligées, l’étude porte également différentes recommandations au sujet de la migration des femmes. Voici les principales recommandations à retenir :

Premièrement, valoriser le patrimoine culturel et mémoriel de ces migrantes à travers la création d’une bibliothèque virtuelle de la mémoire, en tant qu’interface digitale, où témoignages, photos, vidéos, lettres, chansons, costumes, cuisine, documentaires seront collectés.

Dans un deuxième temps, sensibiliser ces femmes sur les conditions de travail dans les nouveaux pays de résidence. Une mise en réseau de ces femmes peut également les aider à éviter certaines situations qui renforcent leur vulnérabilité.

Le document recommande également d’assurer l’accompagnement des migrantes saisonnières, une fois de retour dans la région d’origine, ce qui est important pour évaluer la pertinence et l’impact des migrations circulaires tout en les aidant à se réinsérer dans le tissu local.

Enfin, l’étude recommande la mise en place de recherches et d’actions afin de documenter les nouvelles thématiques en vue de mener des actions plus ciblées, ainsi qu’accompagner les femmes entrepreneures dans le cadre d’une stratégie globale à la faveur d’une ouverture économique à l’international.

(Avec MAP)