Histoire : un protectorat en marche avant le Protectorat

Le 30 mars 1912 à Fès, un paraphe sur un document diplomatique achève douze siècles de souveraineté du Maroc. L’heure est grave. Le pays est à feu et à sang. Les Françaouis sont au Sud. Les Spagnouls sont au Nord. Tanger, ville internationale, fait bande à part. Pour autant, la curée a commencé bien avant à Madrid et Algésiras.

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L’armée chérifienne, techniquement et tactiquement inférieure, est battue à plate couture à la bataille d’Isly. “Le choc psychologique, si brutal, provoqua des désordres dans toute l’étendue de l’Empire”, explique l‘historien Jean-Louis Miège. Crédit: DR

Pour ce mois de ramadan, TelQuel vous propose une radioscopie de la mise en coupe réglée du Maroc au XIXe siècle. De Tanger, capitale diplomatique par où transitent les ambassades occidentales, aux accords mortifères des conférences de Madrid en 1880 et d’Algésiras en 1906, l’Empire chérifien verra, presque impuissant, la montée en puissance des intérêts d’ahl al-himaya et de leurs protecteurs étrangers. Entre 1830 et 1880, la géopolitique du Maghreb, à peu près stable depuis la conquête arabo-musulmane au VIIIe siècle, est définitivement chamboulée. Entre la colonisation manu militari de l’Algérie et le protectorat sur la Tunisie, la pression impérialiste sur l’Empire chérifien ne cesse de croître. Deux défaites majeures mettent le Makhzen sur les dents. Il y a d’abord la défaite d’Isly du…

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