Polémique autour de la sitcom “Café Ness Ness” : pour la HACA, la liberté de création prime

En réaction à la polémique suscitée par la sitcom “Café Ness Ness”, la Haute autorité de communication audiovisuelle a diffusé un communiqué qui exprime sa position sur l’affaire, tandis qu’une plainte a été déposée auprès du tribunal de première instance de Rabat.

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La sitcom "Café ness ness", diffusée sur la première chaîne. Crédit: DR

Depuis le début du mois ramadan, la sitcom Café Ness Ness, diffusée sur Al Oula, suscite son lot d’indignation. Avec pour intrigue une avocate qui exerce son métier dans les locaux d’un café où elle reçoit ses clients, les avocats ont dénoncé une “atteinte à l’image de la profession d’avocat d’une manière qui ne reflète pas la réalité et qui affaiblit l’un des piliers de la justice au Maroc”.

Audience prévue le 5 mai

Un avocat au barreau de Rabat a donc déposé une plainte à caractère urgent, réclamant l’arrêt immédiat de la diffusion de la série, et une amende de 100.000 dirhams pour chaque jour de retard après publication de la décision.

Tandis qu’une première audience est prévue à la date du 5 mai au tribunal de première instance de Rabat, la Haute autorité de communication audiovisuelle (HACA) a rendu son verdict dans un communiqué de presse diffusé ce dimanche 2 mai, sous le signe de la préservation de la liberté de création.

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La HACA “reçoit fréquemment des plaintes de particuliers, d’associations ou d’organisations professionnelles au motif que certaines œuvres de fiction diffusées sur les chaînes de télévision nationales comportent des scènes ou des dialogues qui seraient préjudiciables à l’image de certaines professions, voire qui porteraient offense à leurs membres”, peut-on lire sur le communiqué, en référence à la controverse suscitée par la sitcom Café Ness Ness.

Liberté à tous les niveaux

Selon le communiqué, le conseil supérieur de la communication audiovisuelle a rappelé lors de sa réunion du 27 avril que “la liberté de création artistique telle que garantie par la Constitution fait partie intégrante de la liberté de la communication audiovisuelle consacrée par la loi n°77.03 relative à la communication audiovisuelle et par la loi n°11.15 relative à la réorganisation de la Haute Autorité”.

“L’œuvre fictionnelle ne peut s’accomplir ni prétendre à une valeur artistique sans une liberté effective à tous les niveaux de la conception de l’œuvre : le scénario, les situations, les scènes, les profils des personnages, les dialogues, etc. Cet impératif de liberté est encore plus patent lorsqu’il s’agit d’œuvres comiques ou parodiques”, peut-on lire sur le communiqué.

Pour le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, la représentation critique d’une profession concernée dans une œuvre audiovisuelle ne constitue pas une diffamation telle qu’elle est légalement définie : “Elle renvoie en revanche au droit de l’auteur de l’œuvre de faire, en toute liberté, les choix artistiques qui lui conviennent.”

La HACA rappelle que son rôle est “d’assurer le respect et la protection de cette liberté en tant que principe fondamental”

Dans son communiqué, la HACA rappelle que son rôle est “d’assurer le respect et la protection de cette liberté (la production et diffusion de programmes par les radios et télévisions publiques et privées, ndlr) en tant que principe fondamental, tout en veillant à ce que tous les contenus diffusés, qu’ils soient fictionnels, informationnels ou autres, respectent les principes des droits humains”.

En outre, il s’agit plutôt de contenus médiatiques à caractère raciste, sexiste ou discriminatoire que la HACA est chargée de réguler. “À l’issue de sa réunion, le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle a rappelé que l’une des finalités de la régulation est de promouvoir les valeurs de la liberté, de favoriser le renforcement du potentiel d’initiative et de créativité médiatiques et d’alerter sur tout ce qui peut contrecarrer la réalisation de ces objectifs”, conclut le communiqué.

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