L’historien Maâti Monjib condamné à un an de prison ferme

L’historien et défenseur des droits humains Maâti Monjib a été condamné à un an de prison ferme pour “atteinte à la sûreté de l’État, blanchiment de capitaux et escroquerie”. D’autres journalistes et militants ont également été condamnés dans le cadre de ce procès ouvert en 2015.

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L'historien Maâti Monjib, lors d'une manifestion à Rabat. Crédit: DR

L’historien et défenseur des droits humains Maâti Monjib a été condamné à un an de prison ferme et une amende de 10.000 dirhams pour “atteinte à la sûreté de l’État, blanchiment de capitaux et escroquerie” et de 5000 dirhams “pour le reste”, selon le rendu du jugement qui ne donne pas plus de précisions. Une décision qui intervient un mois après son interpellation et sa mise en détention préventive.

Dans le cadre du procès ouvert en 2015, Maâti Monjib était poursuivi avec six autres journalistes et militants des droits humains. Dans ce sens, le tribunal a également condamné Hicham Khribichi, Abdessamad Ait Aicha à un an de prison ferme, ainsi qu’une amende du même montant que Maâti Monjib, soit 10.000 dirhams pour atteinte à la sûreté de l’Étatet 5000 dirhams pour le reste. Hicham Mansouri écope d’un an de prison ferme et d’une amende de 10.000 dirhams. Mohamed Sabr, lui, a été condamné à trois mois avec sursis et une amende de 5000 dirhams pour atteinte à la sûreté de l’Étatet 5000 dirhams pour le reste. Maria Moukrim et Rachid Tarik ont écopé quant à eux d’une amende de 5000 dirhams.

Maâti Monjib a déjà reçu le soutien de plusieurs organisations internationales de défense des droits humains qui ont demandé l’abandon des charges. Ce 27 janvier, Amnesty International appelait le royaume à libérer l’historien et défenseur des droits humains. “Les autorités marocaines doivent libérer immédiatement et sans conditions le défenseur des droits humains Maâti Monjib et abandonner toutes les charges retenues contre lui”, a écrit l’ONG dans un communiqué.

“Malversations financières”

Pour rappel, des policiers en civil ont interpellé, le 29 décembre dernier dans un restaurant à Rabat, l’historien et militant de 60 ans dans le cadre d’une enquête pour “blanchiment de capitaux”. Déféré devant le juge d’instruction le jour même, après l’achèvement de l’enquête préliminaire menée par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), le conseiller scientifique du mensuel Zamane avait été placé en détention préventive.

La justice marocaine avait annoncé début octobre l’ouverture d’une enquête sur Maâti Monjib, suspecté de “blanchiment de capitaux” après la saisie du ministère public par une unité spécialisée pour “un inventaire de transferts de fonds importants et une liste de biens immobiliers” qui “ne correspondent pas aux revenus habituels déclarés par Monjib et des membres de sa famille”.

Le défenseur des droits humains avait alors affirmé sur sa page Facebook que les faits n’étaient “pas nouveaux” et figuraient déjà dans l’acte d’accusation d’un procès pour “malversations financières” et “atteinte à la sécurité de l’État”, ouvert en novembre 2015 et plusieurs fois reporté depuis.

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