Les incontournables de la littérature carcérale marocaine

Cette sélection présente sept œuvres importantes sur la détention durant les années de plomb, à lire et à relire, sans modération.

Par et

Tazmamart Cellule 10, de Ahmed Marzouki

Aujourd’hui disponible dans toutes les librairies du royaume, Tazmamart Cellule 10 est un ouvrage phare de la littérature carcérale marocaine. Ahmed Marzouki y revient sur 20 ans d’emprisonnement dans les souterrains du bagne de Hassan II. Traduit dans plusieurs langues, il a fait le tour du monde, porté par une écriture crue, au service de la vérité et de la mémoire.

Tazmamart Cellule 10, de Ahmed Marzouki, 2000, Tarik éditions (poche).

 

«Tazmamart, cellule 10 poche»

Ahmed Marzouki

50 DH

Ou

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Cette aveuglante absence de lumière, de Tahar Ben Jelloun

S’appuyant sur le récit et le témoignage de Aziz Binebine, Tahar Ben Jelloun écrit Cette aveuglante absence de lumière, quelques années avant la publication de Tazmamort. “J’ai lu le livre d’un trait, ça fait longtemps que ce n’est pas arrivé. Il est impeccable”, écrivait Aziz Binebine à l’auteur dans une lettre, après sa première lecture du manuscrit.

Cette aveuglante absence de lumière, de Tahar Ben Jelloun, 2001, éd. Points Seuil.

 

«Cette aveuglante absence de lumière»

Ben Jelloun Tahar

90 DH

Ou

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Le marié, de Salah El Ouadie

Salah El Ouadie signe en 2001 Le Marié, un voyage au pays de la torture durant les années de plomb, sous la forme de lettres d’un prisonnier marocain à sa mère. Rescapé de la prison de Derb Moulay Cherif et animé par le thème de la torture, El Ouadie publiera par la suite dans Libération et Al Ittihad Al Ichtiraki, en 1999, la célèbre “Lettre ouverte à mon tortionnaire”.

Le marié, Salah El Ouadie, 2001, éd. Tarik. En arabe : Al Ariss, 1998, à compte d’auteur.

 

«Le Marié»

Salah El Ouadie

35 DH

Ou

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La prisonnière, de Malika Oufkir

Malika Oufkir est la fille du général Mohamed Oufkir, bras droit de Hassan II, qui finira par fomenter le coup d’État des aviateurs, en 1972, où il trouve la mort. Hassan II décide d’envoyer en prison toute la famille Oufkir, de 1972 aux années 1990. À sa libération, Malika Oufkir devient la première voix féminine de la littérature carcérale, avec un roman co-écrit aux côtés de Michèle Fitoussi, où les deux femmes racontent les années d’enfermement d’une princesse déchue, dans une prison secrète du Sahara.

La prisonnière, de Malika Oufkir et Michèle Fitoussi, 2000, en Poche.

 

Une femme nommée Rachid, de Fatna El Bouih

L’expérience carcérale n’est pas qu’une affaire d’hommes, et la vie de Fatna El Bouih en est la preuve. Alors qu’elle est étudiante à l’université et membre de l’UNEM, elle est arrêtée au domicile d’une de ses camarades le 17 mai 1977. Elle se retrouve à la prison de Kénitra, où elle fera l’expérience de la vie carcérale féminine : au-delà de la torture, elle est dépossédée de son prénom féminin. Dans ce récit de vie, elle rend hommage à la solidarité entre détenues, qui leur a permis de survivre.

Une femme nommée Rachid, Fatna Elbouih, 2002, éd. Le Fennec.

 

On affame bien les rats, de Abdelaziz Mouride

Le père de la bande dessinée marocaine a également été le pionnier du genre. Avec son crayon bien aiguisé, Mouride a donné le coup d’envoi du récit carcéral : des planches en noir et blanc, dont les premières esquisses datent de son emprisonnement. Puisqu’aucune photographie n’est jamais parvenue au monde extérieur de la prison de Kénitra, où Mouride a passé dix ans de sa vie, l’auteur dessine, sans censure aucune, l’univers sinistre où il a baigné.

On affame bien les rats, de Abdelaziz Mouride, 2000, Tarik éditions.

 

Tazmamort, de Aziz Binebine

Alors qu’il est le fils du Fqih Binebine, le fou de Hassan II, Aziz Binebine se retrouve impliqué à son insu dans le coup d’État de Skhirat. Binebine raconte dans Tazmamort dix-huit ans d’incarcération. “C’est à la mémoire de mes camarades morts (à Tazmamart, ndlr), dont personne n’a jamais parlé, que j’ai écrit ce livre”, expliquait-il à TelQuel, en octobre 2020.

Tazmamort, Aziz Binebine, 2009, éd. Le Fennec.

 

«Tazmamort»

Azize Binebine

30 DH

Ou

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