Aziz Binebine : “Il y a Aziz Binebine avant, pendant et après Tazmamart”

Peut-on sortir indemne de dix-huit années d’incarcération souterraine ? On peut y survivre, et Aziz Binebine en est la preuve. Trente ans après sa libération de Tazmamart, il a tourné 
la page, sans pour autant l’arracher.

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“Il y a des gens qui parlent de réconciliation, mais moi, je n’en vois pas. Parler de pardon, c’est autre chose, car c’est un choix propre à chacun” estime Aziz Binebine. Crédit: DR

Peut-on sortir indemne de dix-huit années d’incarcération souterraine ? On peut y survivre, et Aziz Binebine en est la preuve. Trente ans après sa libération de Tazmamart, il a tourné 
la page, sans pour autant l’arracher.

Aziz Binebine
Aziz Binebine.Crédit: DR
Dix-huit ans et trois mois, c’est le temps qu’a passé Aziz Binebine à arpenter les tunnels souterrains du bagne de Tazmamart. “C’est presque vingt ans, vous savez… C’est une vie… C’est vingt ans de ma vie”, lance le survivant, de l’autre bout du fil, comme une bouteille à la mer. Quelquefois, pendant l’entretien, sa voix tremble. Ses réponses, elles, sont ponctuées par de longs silences. Ceux d’une mémoire quasi infaillible. L’émotion est palpable. La douleur, elle, se fait encore ressentir. Durant les premières années de sa vie, Aziz Binebine était officier. Il a passé le concours de l’Académie royale militaire, et a été nommé dans le petit village d’Ahermoumou, dans le Moyen-Atlas, en tant qu’instructeur. Tazmamort s’ouvre ainsi : “Je rêvais de devenir journaliste ou cinéaste, je devins militaire”. Un jeu de…

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