Extension du dépistage du Covid-19 dans les laboratoires privés, tenus de livrer les résultats en 24 heures

Dans sa circulaire du 12 septembre, le ministère de la Santé a annoncé un élargissement du dépistage du Covid-19 à davantage de laboratoires privés, soumis à un nouveau protocole et tenus de délivrer les résultats en 24 heures.

Par

Les Établissements de soin de santé primaire (ESSP) et les Structures de proximité de référence Covid-19 (SPR), intervenant à différentes étapes de dépistage, devraient permettre de fluidifier la prise en charge des cas positifs. Crédit: Mufid Majnun/Unsplash

Les laboratoires privés sont appelés à la rescousse pour effectuer des tests PCR et sérologiques. Dans une nouvelle circulaire adressée le 12 septembre aux directeurs régionaux de la santé, le ministère de tutelle a mis à jour son protocole de dépistage, et ce afin “d’améliorer la contribution de ces laboratoires” dans la prise en charge du Covid-19, comme l’indique le document.

Une décision qui s’inscrit dans le cadre d’un renforcement du partenariat public-privé dans la gestion de la crise sanitaire, vivement recommandé par les spécialistes depuis plusieurs semaines.

Multiplier les tests

Ainsi, la deuxième version du cahier des charges fixant les exigences pour la réalisation du diagnostic du nouveau coronavirus, contenue dans la circulaire, “instaure la sérologie du SARS-COV-2 dans les laboratoires privés et étend le diagnostic moléculaire et sérologique du Covid-19 aux voyageurs, aux étudiants et au personnel des entreprises et des administrations, en plus des personnes prélevées par les autorités sanitaires dans le cadre du dépistage des cas possibles et des contacts. Cette extension concerne aussi les laboratoires publics du réseau Covid-19”.

à lire aussi

Cette nouvelle décision est néanmoins soumise à deux principales conditions : d’une part, les laboratoires privés sont tenus de rendre les résultats “dans les 24 heures qui suivent les prélèvements oro/naso-pharyngés et/ou sanguins”. De l’autre, ils sont également tenus d’installer, “avant le démarrage de l’activité de diagnostic, l’application informatique mise en place par le ministère de la Santé”.

Contrôle surprise

La circulaire précise que ces nouvelles dispositions s’appliquent également aux laboratoires privés “ayant déjà leurs autorisations avant la date de la présente circulaire”, et que “les contrôles et supervisions des activités des laboratoires privés et les demandes d’autorisation se feront par l’Institut national d’hygiène”.

L’article 7 du cahier des charges dispose également que les laboratoires privés seront soumis à un “contrôle périodique et inopiné effectué par les services compétents du ministère de la Santé”.

Tout manquement aux différentes réglementations imposées par le cahier des charges pourra engendrer un retrait de l’autorisation, ainsi que “des sanctions disciplinaires et pénales prévues par la législation et la réglementation en vigueur”.

À ce jour, 18 laboratoires privés sont autorisés à effectuer des diagnostics Covid-19, selon une liste publiée par Médias24.

Les laboratoires rassurent

Interrogé par TelQuel, le docteur Nabil Boucetta, directeur du laboratoire Saiss à Fès, à présent autorisé à effectuer les tests Covid-19 suite à la nouvelle décision du ministère de la Santé, assure avoir été préparé à l’application de cette décision.

“Les laboratoires privés ne peuvent prendre en charge que les voyageurs, les étudiants, les employés ayant besoin de se faire tester (…) et les cas suspects seulement lorsqu’ils sont recommandés par une structure étatique”

Dr Boucetta

“Nous avons pu obtenir l’autorisation sans problème, suite à une demande adressée à l’Institut national d’hygiène. Notre laboratoire était déjà équipé dans les normes, et nous veillons à respecter rigoureusement l’ensemble des mesures présentes dans le cahier des charges”, nous confie-t-il.

Quant à la contrainte liée à la délivrance des résultats des tests 24 heures après le prélèvement, le Dr Boucetta se veut rassurant : “Le cahier des charges est clair : les laboratoires privés ne peuvent prendre en charge que les voyageurs, les étudiants, les employés ayant besoin de se faire tester pour rejoindre leurs entreprises, et les cas suspects seulement lorsqu’ils sont recommandés par une structure étatique. Le flux n’est donc pas énorme, en moyenne 30 à 40 patients par jour, ce qui nous permet de délivrer les tests très rapidement.” 

Notre interlocuteur précise également que l’installation de la plateforme ministérielle, citée dans la circulaire, permet de déclarer les cas négatifs et positifs dès l’arrivée des résultats.

article suivant

Le ministre Aziz Rabbah annonce sa contamination par le coronavirus