Monuments : zéro statue à l’horizon

Les statues déboulonnées dans plusieurs pays depuis début juin interrogent le rapport à la mémoire 
et viennent nous rappeler qu’au Maroc, aucune figure historique ne côtoie l’espace public. Une absence contre laquelle le philosophe Bensalem Himmich lutte depuis plusieurs années.

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Mi-juin, une pétition pour le “démantèlement immédiat” de la statue d’Hubert Lyautey, surplombant les jardins du consulat français à Casablanca, a été lancée. Elle trônait auparavant sur l’actuelle place Mohammed V. Crédit: AFP

Depuis la mort de George Floyd à Minneapolis le 25 mai et la vague de manifestations contre le racisme, des statues représentant des figures coloniales ou esclavagistes se sont retrouvées livrées au tribunal de l’espace public, particulièrement en Europe et aux États-Unis. Vestiges d’un passé qui ne passe pas, elles sont abîmées, détruites, déplacées ou pour le moins questionnées. Un effet domino qui a effleuré le Maroc dès la mi-juin, à travers une pétition pour le “démantèlement immédiat” de la statue d’Hubert Lyautey, surplombant les jardins du consulat français à Casablanca. Si la revendication n’a pas fait grand bruit, recueillant moins de 500 signatures, un fait attire l’attention : cette statue semble être la seule relativement visible au Maroc. Dans l’espace public, seules des sculptures animalières, comme le lion d’Ifrane, le cheval de Settat ou encore le dromadaire de Guelmim…

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