Loi de finances : Benchaâboun tiraillé entre les aides sociales et les contraintes économiques

Le ministre des Finances a exposé, le 9 juillet devant la Commission des finances de la première chambre, le PLF rectificative 2020. Un projet  sous le signe de la relance et de la sauvegarde de l’emploi.

Par

Mohamed Benchaâboun au Parlement. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Face à un problème insoluble, la solution ne peut être qu’optimale. C’est en fin logicien que Mohamed Benchaâboun a exposé le projet de loi de finances (PLF) rectificative devant la Commission des finances à la Chambre des représentants ce jeudi 9 juillet. Mais avant, petite démonstration par l’absurde : “D’un côté, vous demandez au gouvernement de continuer à donner des aides sociales directes, ce qui coûterait 7,5 milliards de dirhams mensuellement. D’un autre côté, vous voulez augmenter l’investissement public. Vous voulez aussi que le gouvernement ne recoure pas à la dette. Vous remarquez en même temps que les recettes publiques ont reculé de 40 milliards de dirhams. Vous attirez notre attention sur la sauvegarde des équilibres macro-économiques. Vous nous avertissez sur le fait de baisser les dépenses et augmenter les impôts. Je ne pourrais que vous demander, majorité et opposition, de m’aider à résoudre cette équation à six inconnus !”, a lancé le ministre des Finances.

à lire aussi

Selon Benchaâboun, le but du PLF rectificative est “d’accompagner les entreprises durant les six prochains mois, en parallèle de l’assouplissement progressif du confinement”. Pour cela, le montant restant du fonds Covid-19 sera mobilisé. Afin de relancer l’économie nationale, le texte prévoit aussi une augmentation de 15 milliards de dirhams du budget d’investissement. Les projets seront sélectionnés sur la base du nombre d’emplois créés et seront financés avec des mécanismes innovants de partenariat public/privé.

Pas d’austérité

Concernant les projets à lancer, la priorité sera donnée aux conséquences de la sécheresse ainsi qu’au maintien des chantiers en cours. Les projets dont le lancement était programmé pour 2020 seront reportés à l’année prochaine. “Le gouvernement attachera une importance particulière à l’application de la préférence nationale pour les entreprises, les matériaux et les produits d’origine marocaine dans les appels d’offres publics”, a affirmé le ministre.

Mohamed Benchaâboun a aussi insisté sur le fait que “toutes les capacités financières seront mobilisées pour soutenir la reprise de l’activité économique et la conservation de l’emploi”. Et de poursuivre : “Par conséquent, et malgré la baisse attendue des ressources d’environ 40 milliards de dirhams, nous avons augmenté les investissements budgétaires.

Le PLF rectificative est donc “loin d’être un budget d’austérité. Il sauvegarde cependant les équilibres budgétaires indispensables à tout État.

Banque publique de l’entreprise

Depuis le début de l’état d’urgence sanitaire, tous les mécanismes de soutien au secteur privé ont été supportés par la Caisse centrale de garantie avec les produits Damane Oxygène et Damane Relance. Afin de consolider et élargir le rôle de cette institution, le ministre des Finances a annoncé sa transformation en “banque publique de l’entreprise.”

Le cadre juridique de la nouvelle banque sera une société par actions, ce qui lui permettra “d’accompagner les stratégies et politiques publiques visant à faciliter l’accès au financement”. Cette nouvelle banque publique sera au service des micro-entreprises, des PME, des entreprises et institutions publiques et privées, ainsi que d’autres catégories ciblées par l’État.

article suivant

Confinez-nous... mais un jour par semaine seulement : la nouvelle suggestion du HCP