Benchaâboun demande aux entreprises de reprendre leur activité après l’Aïd

Intervenant ce 19 mai à la Chambre des conseillers, le ministre de l’Économie et des Finances Mohamed Benchaâboun a répondu aux questions des parlementaires concernant l’impact de la crise sanitaire sur l’économie nationale.

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Mohamed Benchaâboun au Parlement. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

La crise se traduit par la perte d’un milliard de dirhams pour chaque jour de confinement”, a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances Mohamed Benchaâboun ce mardi 19 mai à la Chambre des conseillers. Une intervention inscrite dans le prolongement de la précédente, le 30 avril dernier, pour examiner et voter le projet de loi n° 26.20 relatif au dépassement du plafond des emprunts extérieurs.

Secteurs en plein naufrage

Dans son discours ce 19 mai, le ministre de l’Économie rappelle que plusieurs secteurs sont sinistrés, mais que des solutions sont actuellement à l’étude. Il donne l’exemple du secteur de l’export : “Les exportations ont reculé de 61,5 %, les importations ont baissé de 37,6 %, les recettes touristiques, comme vous pouvez l’imaginer, ont baissé de 60 % au mois d’avril, tandis que les recettes des MRE ont régressé de 11 % les quatre derniers mois et de 30 % pour le seul mois d’avril.

Tous ces jours de confinement vont coûter à l’économie marocaine 6 points de croissance du PIB en 2020

Parmi les secteurs exportateurs les plus impactés par la crise, Mohamed Benchaâboun cite l’automobile, qui a régressé de 96 % au mois d’avril, contre -86 % au mois de mars. Idem pour le secteur aéronautique au mois d’avril avec -81 % d’exportations, contre -52 % en mars. L’exportation de l’électronique affiche -93 % pour le seul mois d’avril, alors que l’activité avait baissé de plus de la moitié (51 %) au mois de mars. Et enfin le textile : avec -86,5 % en avril et -40 % en mars, il fait partie des secteurs les plus touchés par la crise, qu’il faudra redémarrer au plus vite.

Les chiffres ne sont pas près de tourner au vert, d’après le ministre. Le confinement, qui fait perdre au Maroc environ un milliard de dirhams tous les jours, aura coûté environ 80 milliards une fois à son terme, le 10 juin prochain. Voire plus, s’il est de nouveau prolongé. Une mise sous cloche qui impacte également les recettes du Trésor : chaque jour de confinement fait perdre environ 500 millions de dirhams.

En plus de ces chiffres inquiétants, Mohamed Benchaâboun précise que tous ces jours de confinement vont coûter à l’économie marocaine 6 points de croissance du PIB en 2020. Néanmoins, il rappelle que cette crise est globale et générale, et que plusieurs options sont étudiées pour aider l’économie à se relever le plus vite possible. Le ministre a aussi appelé les entreprises à reprendre leur activité “directement après les journées de la fête d’Aïd Al Fitr”.

Le fonds Covid-19, une bouffée d’oxygène

La situation économique serait pire sans le fonds de gestion de la pandémie. D’après les chiffres avancés par Benchaâboun, au 18 mai 2020, les ressources du fonds étaient de 32,7 milliards de dirhams, 13,7 milliards de dirhams ayant déjà été dépensés entre aides financières aux ménages et acquisition d’équipements sanitaires. Les dépenses pour l’acquisition de lits de réanimation (743), de respirateurs (48), de lits d’hospitalisation (664) et autre matériel médical ont coûté un peu plus de 2 milliards de dirhams au fonds.

Le déploiement des mesures décidées dans le cadre du Comité de veille économique (CVE) a quant à lui coûté 11,5 milliards de dirhams. Selon le ministre, 950.000 salariés ont été déclarés à la CNSS au mois d’avril, alors qu’au mois de mars, les personnes au chômage ou en chômage partiel à cause de la crise et déclarés à la CNSS représentaient 701.000 salariés. En tout, les aides financières aux salariés coûtent 2 milliards de dirhams par mois au fonds Covid-19.

Environ 4 millions de ménages dont les chefs travaillent dans l’informel devraient bénéficier des aides prévues par le gouvernement. Des aides qui, en les cumulant, atteignent la somme de 4,2 milliards de dirhams. Depuis le 15 mai, date de lancement de l’opération, un million de ménages ont déjà pu en bénéficier, rassure le ministre.

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