Le SNPM, le FMJJ et RSF condamnent l’agression de deux journalistes d’Al Amazighiya

Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), le Forum marocain des jeunes journalistes (FMJJ) et Reporters sans frontières (RSF) appellent à une enquête concernant l’agression présumée de deux journalistes de la chaîne de télévision Al Amazighiya.

Par

Yassine Toumi/TelQuel

Dans un communiqué datant du 6 mai, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a condamné l’agression présumée de Souad Wasef et Mohamed Bouljihel, journalistes pour la chaîne de télévision Al Amazighiya par un représentant de l’autorité locale, se référant à un “rapport détaillé” relatant les faits qui leur a été transmis. Un événement relayé et condamné dès le lendemain par le bureau Afrique du Nord de Reporters sans frontières (RSF).

Réaction syndicale

Le SNPM explique que les faits se sont déroulés mardi 5 mai, alors que les deux journalistes effectuaient “dans le total respect du cadre légal” un reportage portant “sur l’approvisionnement des marchés en biens de consommation dans la région de Khemisset, dans la ville de Tiflet”. Selon le syndicat, la journaliste Souad Wasef aurait été agressée verbalement, “giflée deux fois et poussée à plusieurs reprises”, et le représentant des autorités aurait “tenté de casser l’appareil photo, entraînant une blessure au bras du photojournaliste” Mohamed Bouljihel. “Le bureau exécutif affirme que de tels cas irresponsables et non signalés portent atteinte à la réputation du Maroc et constituent une violation manifeste de la liberté de la presse et du droit à l’information”, précise le communiqué du SNPM.

“Cet incident constitue une menace pour la liberté des médias dans notre pays”

FMJJ

Même avis du côté du Forum marocain des jeunes journalistes (FMJJ) qui a condamné le 6 mai cette agression et “appelle le ministère de l’Intérieur à ouvrir une enquête sur cet incident sans précédent et à communiquer ses résultats à l’opinion publique, d’autant plus que cet incident constitue une menace pour la liberté des médias dans notre pays”.

Le Forum proteste également contre le fait que “certains responsables demandent aux journalistes de les informer et d’obtenir leur autorisation avant de filmer dans les régions affiliées aux provinces et aux départements qu’ils supervisent”, estimant qu’il s’agit d’une “violation ouverte et manifeste de la liberté de la presse et une tentative d’exercer un contrôle sur les journalistes”. 

Une vidéo de l’altercation a été mise en ligne le 5 mai sur YouTube par El3omk.com :

Erreur sur les mots

Une agression dénoncée le lendemain par Reporters sans frontières (RSF), qui écrivait le 7 mai dans un communiqué, en s’appuyant sur les déclarations du Syndicat national de la presse, que “les journalistes de la chaîne TV Amazigh Souad Wasef et Mohamed Bouljihel ont été agressés physiquement et verbalement par un commandant de police et ses coéquipiers dans la ville de Tiflet”. 

Cité dans le communiqué, Souhahieb Khayati, directeur du bureau Afrique du Nord de RSF, a appelé à la mise en place d’une procédure judiciaire : “RSF dénonce ce comportement inacceptable de la part des forces de l’ordre qui ont outrepassé leurs prérogatives. La crise sanitaire ne doit pas être une occasion pour s’en prendre directement aux journalistes qui tentent de faire leur travail.” Et d’ajouter : “Dans un souci d’exemplarité dû à leur fonction, les policiers impliqués doivent être identifiés et sanctionnés par la justice marocaine.”

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a alors réagi, selon une dépêche de la MAP publiée le 8 mai, en indiquant que “ses fonctionnaires au commissariat régional de police de Tiflet n’ont effectué aucune intervention à l’encontre d’un quelconque journaliste lors de l’exercice de ses fonctions, et ne se sont nullement opposés à la réalisation de reportage par l’équipe d’Al Amazighiya”.

Le bureau Afrique du Nord de RSF a reconnu, sur son compte Twitter, s’être trompé en indiquant que les deux journalistes avaient été agressés par la police. Il s’agirait en fait “du Caïd de Tiflet”.

Le ministère a depuis “ouvert une enquête interne pour déterminer les circonstances de l’incident et établir la vérité” selon un porte-parole de l’Intérieur cité par l’AFP.

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