Idir, la Kabylie dans le son

Victime d’une fibrose pulmonaire, l’interprète du vertigineux “A Vava Inouva” rend l’âme le 2 mai à Paris où il résidait depuis 1975. Un des précurseurs de la world music maghrébine, il aura tout chanté, abordé tous les thèmes. Avec fougue. Il avait 70 ans.

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Cherchez la vedette et vous vous heurtez à une antistar. Un mode de vie, un état d’esprit, une dévotion chez cet être qui évolue hors du temps en le chatouillant. Sa vie est poésie (mère et grand-mère s’y vautrent), son cheminement est conte (fils de berger devenu narrateur tous azimuts). Idir (Hamid Cheriet) caresse et traque. Il chante la langueur, l’amour, la femme, la famille, la fraternité, l’iniquité, la déception, les coutumes, la démocratie, la culture amazighe, l’immigration, la mort… Mots et maux s’entrechoquent dans un champ imagé à l’envi, heurs et malheurs forment le puzzle d’un tumulte fait Homme. Musicalement, il berce et apaise avec une prestesse innouïe. A l’opposé d’artistes qui évoquent des retours aux sources, Idir ne s’en est jamais éloigné. C’est son moteur, sa raison d’exister. Dans sa tête culminent les senteurs…

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