Lahcen Haddad : “Les banques doivent comprendre que s’il n’y a plus de tissu économique, elles cesseront d’exister”

Lors de la réunion de la commission des finances et du développement économique, consacrée au projet de décret-loi relatif au dépassement des seuils de financements extérieurs, le député istiqlalien et ex-ministre du Tourisme Lahcen Haddad s’est prononcé contre toute forme d’orthodoxie budgétaire dans ce contexte de crise sanitaire mondiale.

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Lahcen Haddad. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

Ce qu’il faut retenir de son intervention devant le ministre de l’Économie et des Finances Mohamed Benchaâboun :

“En temps de crise, la meilleure réponse c’est la solidarité, l’union nationale derrière Sa Majesté qui a pris des décisions courageuses et humaines.”

“Nous comprenons que le gouvernement doit prendre des décisions rapides, mais le Parlement a son rôle à jouer ; le Comité de veille économique (CVE) ne peut pas se substituer au gouvernement ni au Parlement.”

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“Ce décret-loi, nous le soutenons à l’Istiqlal, car l’endettement en ce moment est important, d’autant que les taux d’intérêt sont abordables, malgré une légère hausse cette semaine ; nous pouvons emprunter à des conditions favorables, surtout que Fitch et Standard & Poor n’ont pas modifié leur notation marocaine.”

“On aurait pu utiliser la LPL (Ligne de précaution et de liquidités du FMI) de 2,9 milliards de dollars, mais il faut la laisser en dernier recours.”

“Sur nos réserves en devises, il faut être clair. Est-ce que nous disposons de 4 mois de réserve ou de 5 mois ? Il faut le dire, le gouvernement doit communiquer plus clairement, et aussi communiquer sur la résilience du dirham avec la nouvelle bande de fluctuation, il faut être transparent.”

“Ceux qui disent qu’on reviendra au PAS (Plan d’ajustement structurel) ont tort, mais le gouvernement doit le dire clairement.”

“Je suis satisfait que l’on soit revenu sur le gel des dépenses publiques, cela aurait été catastrophique. Il faut clarifier les hypothèses, ensuite on verra quelles priorités adopter dans les dépenses, mais on ne peut pas dire que l’on va geler les dépenses.”

“Sur le fonds Covid-19, il faut clairement communiquer : quels sont les montants accumulés, quelles sont les dépenses à date d’aujourd’hui. Si demain il faut engager un autre effort national pour renflouer le fonds, qu’on le sache. La gestion de crise économique doit s’accompagner d’une communication quotidienne à l’instar de ce que l’on fait sur la santé, et ce pour éviter les fake news.”

“Les banques ne jouent pas leur rôle, la solidarité doit être complète, elles doivent comprendre que s’il n’y a plus de tissu économique, elles cesseront d’exister.”

“Si on doit arrêter la distribution de dividendes, et bien soit.”

“L’important c’est d’oublier l’orthodoxie et les équilibres budgétaires, même les Américains n’y pensent plus. La dépense est nécessaire, n’ayons pas peur d’un déficit de 8 %, d’une dette à 80 % ni d’une l’inflation à 4 %. Après coup, on pourra toujours se refaire. ”

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