Le Maroc et les épidémies, une vieille histoire

Jusqu’au milieu du XXe siècle, famine et épidémie sont un tandem mortel car les corps affaiblis sont du pain bénit pour les microbes et les bactéries. Récit de ce duo qui a tué de manière massive les Marocains.

Par et

De Vries, le consul des Pays-Bas présent à Salé en 1653, constatait: “Tous les jours on trouve des morts dans la rue comme des chiens.” Ce constat est encore valable au début du XXe siècle. Crédit: DR

Comprendre l’histoire du Maroc de la faim, c’est d’abord embrasser un contexte historique. Jusqu’à un passé récent, l’histoire du royaume est loin d’être un long fleuve tranquille. La dichotomie de “bled siba” et “bled el makhzen” en atteste. Aux intempéries et fléaux climatiques, s’ajoute l’avidité des hommes: tribus belliqueuses, rapines et razzias constantes en temps de vaches maigres, luttes dynastiques… Il y a aussi la menace extérieure. Portugais, Espagnols, Anglais sont présents au XVIe et XVIIe siècles. Au point que, rappelle l’historien Bernard Lugan, “à l’apogée de la période portugaise au Maroc, il ne restait plus qu’un seul port atlantique aux mains des Marocains, celui de Salé; tous les autres mouillages importants étaient alors sous contrôle de Lisbonne”. Cette présence indésirable coupe de facto l’empire chérifien des richesses…

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