“Je l’ai, je l’ai  !” : les hypocondriaques à l’épreuve du coronavirus

Les médecins voient les crises d’angoisse se multiplier chez ceux qui traquent la maladie partout. Pour ces personnalités anxieuses, l’épidémie de coronavirus est parfois vécue comme un cauchemar.

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Edvard Munch, Le cri, 1893. Crédit: wikimedia/National Gallery of Norway

Majda n’a pas le Covid-19, mais c’est tout comme : “Dès qu’ils parlent des symptômes de la maladie à la télé, je commence à les développer l’un après l’autre. J’ai des quintes de toux, des difficultés respiratoires, mal au crâne. Et depuis qu’ils ont dit que le virus attaquait le système nerveux, je perds l’odorat…” L’autre soir, elle était si certaine d’avoir été contaminée que son mari, habitué à ses crises d’hypocondrie, a dû s’interposer entre elle et la porte pour l’empêcher d’aller aux urgences. “Je l’ai, je l’ai!”, criait Majda en essayant de sortir. Elle finira par se rassurer en appelant son beau-frère, médecin.

Un temps de crise

Depuis le déclenchement de la crise du coronavirus, les professionnels de santé disent accueillir de plus en plus de personnes dans un état de panique avancée, persuadées d’avoir contracté le virus. Sous tension avec la crise sanitaire, certains praticiens se plaignent que la prise…

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