Meriem Zaïri (CGEM) : “Les start-ups veulent être solidaires avec le pays”

Avec SolidariTECH, la CGEM offre une plateforme aux entreprises innovantes qui disposent de solutions technologiques à même d’aider les citoyens et les entreprises à surmonter la crise liée au coronavirus.

Par

présidente de la commission Start-ups et Transformation digitale à la CGEM.

Les start-ups ont un rôle à jouer pendant la crise. C’est en tout cas la conviction de Meriem Zaïri, présidente de la commission Start-ups et Transformation digitale à la CGEM, qui présente l’initiative SolidariTECH, une plateforme qui donne l’occasion au secteur des nouvelles technologies de mettre leurs compétences au service des citoyens, des entreprises et de l’État, en cette période de chamboulements économiques et sociaux. Entretien.

TelQuel : Quelle est l’origine de l’initiative SolidariTECH ?

Meriem Zaïri : La crise que nous vivons est inédite, avec des répercussions très fortes sur le tissu économique. La réflexion a porté sur la manière dont les start-ups pouvaient apporter leur pierre à l’édifice de cet élan de solidarité qui a été enclenché dans notre pays.

“Les start-ups ont la capacité d’apporter des solutions à des problématiques que rencontrent actuellement les citoyens, les entreprises et même l’État”

Les start-ups ont la capacité d’apporter des solutions à des problématiques que rencontrent actuellement les citoyens, les entreprises et même l’État. Nous avons pensé que c’était l’occasion de faire connaître un ensemble de start-ups qui ont des solutions ayant fait leurs preuves.

Non seulement elles apportent des solutions, mais ces entreprises veulent être solidaires avec le pays. Car le digital et l’innovation répondent parfaitement à la situation actuelle, où nous nous trouvons tous confinés chez nous.

Quel est le projet ?

Au Maroc, nous avons un vivier d’innovation avec des entrepreneurs créatifs, innovants et à impact, qui changent notre manière de voir les marchés de manière générale. Ce vivier a beaucoup de choses à dire aujourd’hui.

“L’idée c’est de sortir une capsule vidéo sur les réseaux sociaux toutes les 48 heures pour présenter ces entreprises et les solutions qu’elles proposent”

La CGEM a voulu fédérer ces bonnes volontés autour d’une initiative la plus inclusive possible. Nous sommes en train de l’élargir autour d’un collectif qui réunira toutes les forces vives de cet écosystème d’innovation. Et il existe un véritable mouvement ! Dès que le communiqué présentant l’initiative est sorti, j’ai reçu un nombre incalculable d’appels de start-uppers qui, déjà de leur côté, essayaient d’aider les gens dans cette crise.

L’idée c’est de sortir une capsule vidéo sur les réseaux sociaux toutes les 48 heures pour présenter ces entreprises et les solutions qu’elles proposent.

Pouvez-vous nous présenter les start-ups qui ont rejoint le mouvement et les services qu’elles peuvent rendre à la collectivité ?

Dans le domaine de la santé, la start-up Daba Doc met en œuvre son projet de téléconsultations médicales en ligne, car les gens aujourd’hui ne se déplacent plus pour aller voir le médecin, et les médecins eux-mêmes sont un peu réticents à l’idée de se déplacer à cause du risque sanitaire. Daba Doc proposera donc un service de téléconsultation pour permettre aux malades chroniques notamment de continuer à disposer d’un suivi médical pendant le confinement.

Dans le domaine de l’éducation, la start-up eDukaty propose un service de classes virtuelles en ligne où un professeur donne, en direct, des cours à ses élèves qui sont connectés et se voient entre eux, comme dans une véritable classe d’école. Pendant la période de crise, eDukaty ouvrira non seulement au public son contenu (des exercices, des quizz, etc.), mais dispensera en plus ces cours en ligne à une grande échelle, gratuitement.

Dans le domaine du financement, nous discutons avec une start-up qui digitalise le système d’affacturage et qui a la possibilité d’aider les petites entreprises dans leurs problématiques de trésorerie, en effectuant gratuitement la partie relative aux frais de dossier par exemple.

Ces entreprises pourront-elles faire face aux milliers de demandes qui risquent d’affluer ?

À la CGEM, nous allons accompagner ces start-ups pour leur donner la capacité de passer une échelle supérieure. Nous voulons que ces services soient déployables rapidement. C’est pourquoi nous allons mettre ces entreprises en relation avec les bons décideurs, politiques ou économiques, pour faciliter leur accès au marché.

Trois axes principaux d’éligibilité : “sécurité et service au citoyen”, “préservation de l’emploi” et “pérennité des entreprises”

Plus on pourra agréger d’entreprises, jeunes ou moins jeunes, dans l’initiative, plus nous pourrons apporter des solutions utiles à tout le monde. En ce qui concerne les candidatures que nous recevons, nous avons trois axes principaux d’éligibilité : l’axe “sécurité et service au citoyen”, l’axe “préservation de l’emploi” et l’axe “pérennité des entreprises”. Toutes les initiatives qui tournent autour de ces thèmes-là seront prioritaires.

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