Sous des appels religieux, des dizaines de personnes ont bravé l'état d'urgence sanitaire dans plusieurs villes

Des rassemblements nocturnes ont eu lieu dans plusieurs villes du royaume, dans la nuit du 21 mars, rassemblant plusieurs dizaines de personnes pour invoquer l’aide de dieu face à l’épidémie de coronavirus.

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Ils étaient plusieurs dizaines à arpenter les rues de Tanger, Fès ou encore Salé cette nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars. Plusieurs personnes se sont regroupées sous des slogans religieux, pour implorer dieu suite à des appels sur les réseaux sociaux.

En dépit des mesures de confinement en vigueur dans tout le Maroc, une marche a eu lieu dans le centre-ville de la cité du Détroit, sous les coups de 22 heures, regroupant de nombreuses personnes. Une prise de risque aussi inutile que dangereuse, bravant l’état d’urgence sanitaire imposé par les autorités dans tout le royaume depuis vendredi 20 mars en fin de journée.

Ce sont principalement des jeunes qui marchaient sous des invocations faites à dieu afin de “lever le fléau” que constitue l’épidémie de coronavirus. Une action qui a suscité de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux. Des takbir (Allah ou Akbar) ont été scandés, et des applaudissements ont suivi.

Pour l’instant, on ne connaît pas les instigateurs de ces rassemblements. Joint par TelQuel, Al Adl Wal Ihssane a rejeté les accusations la visant, rappelant que l’organisation a suspendu toutes ses activités.

Beaucoup ont pointé l’inconscience des participants à ce rassemblement, notamment dans les vidéos les montrant entassés, en dépit du bon sens et de la distanciation requis. De quoi considérablement augmenter les risques de propagation du virus.

Si la DGSN n’a pour l’heure pas communiqué, les personnes ayant bravé l’état d’urgence sanitaire s’exposent à des sanctions pénales, prévues par le Décret royal n° 554-65 du 17 rebia I 1387 (26 juin 1967) portant loi rendant obligatoire la déclaration de certaines maladies et prescrivant des mesures prophylactiques propres à enrayer ces maladies.

Les infractions aux dispositions du présent décret royal et aux textes pris pour son application sont punies de l’emprisonnement de six jours à deux mois et d’une amende de 40 à 2.400 dirhams ou de l’une de ces peines seulement.

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