Migrations : l’UE et Ankara poursuivent leurs négociations

La Turquie espère ébaucher un accord avec l’Union européenne pour résoudre la crise migratoire d’ici le 26 mars, a indiqué ce 10 mars le chef de la diplomatie turque, au lendemain d’un sommet tendu à Bruxelles.

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Le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen accueillent le président turc Tayyip Erdogan à Bruxelles, le 9 mars 2020. Crédit: John Thys/AFP

Si nous parvenons à trouver un accord d’ici le 26 mars, alors celui-ci sera mis sur la table lors d’un sommet des dirigeants européens” qui se tiendra à cette date, a déclaré Mevlüt Cavusoglu lors d’un entretien avec l’agence de presse étatique Anadolu.

M. Cavusoglu semblait faire référence à un sommet du Conseil européen prévu le 26 mars. Ces déclarations interviennent au lendemain d’un sommet à Bruxelles entre le président turc Recep Tayyip Erdogan, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chef du Conseil européen Charles Michel.

Ce sommet a été convoqué en urgence après que la Turquie eut annoncé il y a deux semaines l’ouverture de ses portes avec l’Europe pour permettre à des milliers de migrants de passer, provoquant un afflux à la frontière grecque.

Tensions au sommet

Une certaine tension était visible après la discussion de lundi 9 mars, Recep Tayyip Erdogan ayant notamment choisi de se rendre directement à l’aéroport plutôt que de tenir une conférence de presse avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et celui du Conseil européen, Charles Michel. “Il est clair que nous avons nos désaccords, mais nous nous sommes parlé franchement. (…) C’était une bonne conversation”, a affirmé Mme von der Leyen.

L’accord UE-Turquie de mars 2016 prévoit que les migrants restent en Turquie en échange d’une aide financière européenne

Charles Michel a lui appelé la Turquie à “respecter les engagements” issus de l’accord UE-Turquie de mars 2016, qui prévoit que les migrants restent en Turquie en échange d’une aide financière européenne. Or, le dirigeant turc, qui demande plus de soutien face à la situation en Syrie, a décidé d’ouvrir ses frontières au passage des migrants et des réfugiés pour faire pression sur les pays européens. Des milliers de migrants, qui tentent de rejoindre l’UE, sont depuis regroupés à la frontière gréco-turque.

Le président turc, qui avait dit à son arrivée à Bruxelles vouloir “porter les relations entre l’Europe et la Turquie à un niveau bien plus fort”, ne s’est pas exprimé après cette rencontre.

Bras de fer

Lors des discussions le 9 mars, l’UE et Ankara ont décidé de poursuivre les négociations sur la question migratoire. Dans ce cadre, M. Cavusoglu a indiqué qu’il s’entretiendrait avec le chef de la diplomatie européenne, Josepp Borrell.

“Si nous devons tracer une feuille de route, nous attendons de l’UE qu’elle soit sincère”

Mevlüt Cavusoglu, ministre des Affaires étrangères

Mais Ankara accuse l’UE de n’avoir pas tenu toutes ses promesses, notamment sur le plan des financements. M. Cavusoglu a par ailleurs déclaré que l’accord de 2016 devait être réévalué à la lumière des derniers développements en Syrie, notamment dans la province d’Idleb (nord-ouest) où près d’un million de personnes déplacées par les violences se pressent à la frontière turque.

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Le président Erdogan exhorte régulièrement les pays européens à soutenir financièrement son projet de construction de logements en dur à Idleb pour y reloger les déplacés et empêcher ainsi une nouvelle vague de réfugiés vers la Turquie, qui accueille déjà 3,6 millions de Syriens.

Nous sommes prêts à travailler de façon constructive, mais si nous devons tracer une feuille de route, nous attendons de l’UE qu’elle soit sincère”, a déclaré M. Cavusoglu mardi.

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