Le théâtre Mohammed V perd son caractère national

Avec l'adoption du projet de loi modifiant et complétant la loi relative à la réorganisation du théâtre national Mohammed V, l’institution théâtrale perd son caractère national.

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Le théâtre Mohammed V. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Hassan Abyaba, ministre de la Culture, de la Communication et des Sports, a finalement eu gain de cause. Le projet de projet de loi modifiant et complétant la loi relative à la réorganisation du théâtre national Mohammed V a été voté approuvé ce 11 février.

Bloqué au sein de la commission de l’Éducation, de la culture et de la communication, ce projet de loi prévoit la suppression du caractère national de l’institution théâtrale. Une suppression rejetée par les parlementaires de tous bords.

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Après plusieurs reports, Hassan Abyaba a réuni, la veille du vote, le président de la première chambre ainsi que l’ensemble des présidents des groupes parlementaires, et il les a visiblement convaincus de voter en faveur du projet de loi”, nous indique Mohsin Moufidi, membre de la commission. “Même si l’argument de la régionalisation invoqué par le ministre n’a, à mon sens, pas été convaincant, nous avons eu la consigne de notre groupe parlementaire de voter pour”, ajoute le parlementaire PJD.

Ce que prévoit le projet de loi

Déposé en juin 2019 par Mohamed Laaraj, ancien ministre de la Culture, ce projet de loi prévoit aussi de redéfinir les missions du théâtre : la production d’œuvres théâtrales ou la contribution à leur production ; la promotion de la recherche et de la créativité dans le domaine du théâtre et des arts vivants ; la contribution à la promotion de différentes expressions artistiques dans le domaine du théâtre et des arts vivants ; la formation artistique et technique du théâtre.

Selon le texte, le théâtre Mohammed V contribuera à la formation et au soutien des troupes de théâtre résidentes, coopérera avec les troupes, associations et organismes professionnels œuvrant dans le domaine du théâtre et des arts vivants, et s’attachera à promouvoir de manière générale la créativité théâtrale et artistique.

D’autres missions sont assignées à l’institution, notamment la création d’un glossaire de la programmation du théâtre, l’édition de publications liées au théâtre et aux arts vivants et l’archivage des productions théâtrales marocaines.

Dans le projet de loi de Mohamed Laaraj, les membres du conseil d’administration du théâtre passent de 17 à 19. Siégeront donc dans ce conseil : sept représentants de l’État, quatre professionnels œuvrant dans le domaine du théâtre et des arts vivants, un académique, deux représentants du secteur théâtral, deux représentants de la production artistique. Les deux nouveaux membres sont issus d’associations actives dans le théâtre.

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