Affaire Madinat Badis : Anas Alami compte interjeter appel

Au lendemain du verdict, Anas Houir Alami conteste la sentence. L’ex-patron de la CDG, ainsi que Ali Ghannam, ex-DG de la CGI, principaux accusés dans l’affaire Madinat Badis d’El Hoceima, ont écopé d’un an de prison ferme et d’une amende de 5000 dirhams.

Par

Anas Houir Alami a été à la tête de la CDG de 2009 à 2014. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

Le procès est encore long. Nous allons contester le jugement en appel.” C’est ce que nous a expliqué maître Abdellatif Ouahbi, avocat de l’ancien patron de la CDG, Anas Houir Alami.

L’affaire remonte à 2014, à la suite de réclamations faisant état de grandes différences entre les engagements de la CGI, filiale de la CDG, et les biens livrés aux clients, dans le cadre du projet Madinat Badis, un lotissement à El Hoceima. À toutes les étapes du procès, Anas Houir Alami n’a cessé de clamer son innocence.

à lire aussi

Le 23 août 2014, Mohammed VI avait ordonné aux ministères des Finances et de l’Intérieur de trouver “des solutions immédiates aux problèmes des bénéficiaires d’un lotissement à El Hoceima”. Le roi avait reçu une lettre adressée par un groupe de Marocains résidant à l’étranger, se plaignant de la différence entre les engagements du cahier des charges du projet et les unités livrées.

Première convocation

Immédiatement, une commission mixte des ministères de l’Intérieur et des Finances est chargée du suivi de cette affaire, parallèlement aux enquêtes menées par l’Inspection générale des finances (IGF) et l’administration territoriale (IGAT).

Anas Houir Alami et Ali Ghannam (à l’époque patron de la CGI), ainsi que des responsables du groupe CDG, sont alors déférés devant la justice, interrogés par le parquet de Fès, compétent pour la ville d’El Hoceima, le 15 octobre 2014.

À ce moment, les responsables convoqués n’étaient pas encore sous le coup d’un procès. Il s’agissait d’une instruction menée par la cour d’appel “sur une base participative et consultative”, comme l’avait expliqué le procureur du roi Fahmi Bouziane, cité par nos confrères d’Assabah au lendemain de cette convocation.

De report en report

C’est ensuite la Chambre des crimes financiers de la cour d’appel de Fès qui se saisit de l’affaire. Les deux dirigeants sont poursuivis pour de graves chefs d’inculpation : “dilapidation de biens publics et escroquerie, faux et usage de faux, constitution de bande criminelle”.

Une seconde audience est alors programmée pour le 13 novembre 2014. Entre-temps, Anas Houir Alami est démis de ses fonctions à la tête du groupe CDG, le 4 novembre. Après cinq audiences, entre novembre 2014 et octobre 2015, le procès avait été fixé au 14 mars 2017.

De report en report, cette affaire a duré plus de cinq ans, avant l’annonce du jugement en première instance le 4 février dernier, condamnant Alami et Ghannam à un an de prison ferme et 5000 dirhams d’amende. Auparavant, la cour d’appel avait donné la parole aux accusés poursuivis dans cette affaire, à la fin des plaidoiries des avocats, le 31 décembre dernier.

article suivant

Loi anti-blanchiment des capitaux : l’UE attend Benabdelkader au tournant