Désormais, les parcours de golf ne seront irrigués qu'avec des eaux traitées

Pour son oral mensuel devant les députés, Saâd Eddine El Othmani a loué les efforts de son gouvernement en matière de politique de l’eau, deux semaines après le lancement par le roi du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027.

Par

Un green du Bahia Golf Beach de Bouznika. Crédit: DR

La “politique de l’eau” était au centre de la séance mensuelle des questions au chef du gouvernement, lundi 27 janvier à la Chambre des représentants. Devant les députés, Saâd Eddine El Othmani a affirmé que “le Maroc était devenu, en dépit de l’importance de la pluviométrie, moins dépendant des aléas du climat sur le plan économique ainsi qu’au niveau du produit intérieur brut”.

à lire aussi

Multiplication des barrages et stations d’épuration

Le chef de l’exécutif assure que son gouvernement est par ailleurs engagé “à mettre en service deux à trois barrages chaque année”. Quatre barrages devraient entrer en service en cette année 2020, il s’agit des barrages Kaddoussa dans la province d’Errachidia, Sidi Abdellah dans la région de Taroudant, Kharroub à Tanger et Toudgha dans la province de Tinghir.

Saâd Eddine El Othmani s’est également félicité de l’augmentation du taux de traitement des eaux usées, passé de 8 % en 2008 à 45 % actuellement, avec pour objectif un taux de 65 % à l’horizon 2022. Il a également indiqué que le taux de traitement tertiaire des eaux usées, permettant une utilisation pour l’irrigation, est passé de 0 % en 2008 à 22 % actuellement, avec pour ambition de porter ce chiffre à 50 % d’ici 2022.

Le nombre de stations d’épuration a été multiplié ces douze dernières années, passant de 21 en 2008 à 140 à l’heure actuelle. Dans ce sens, le chef du gouvernement a annoncé que la première tranche du programme d’épuration des eaux usées permettrait au Maroc de se doter de 100 millions de mètres cubes d’eau, à travers la réalisation de 82 projets, dont 22 portent sur l’irrigation des parcours de golf. “Les terrains de golf ne seront plus arrosés qu’avec des eaux traitées”, a-t-il promis.

Eau potable en zone rurale

El Othmani a en outre passé en revue certaines nouveautés apportées par le Programme national prioritaire d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation et le projet de plan national de l’eau, soulignant que la mise en œuvre des dispositions du programme national nécessitera une enveloppe budgétaire d’environ 115 milliards de dirhams répartis sur cinq axes.

Ces axes portent sur le développement de l’offre en eau, notamment par la construction de 20 grands barrages d’une capacité de 5,38 milliards de mètres cubes, l’objectif étant d’atteindre une capacité totale de stockage d’environ 27,3 milliards de mètres cubes après achèvement des travaux. À noter que 909 sites sont éligibles à la construction de petits barrages.

Le chef de l’exécutif s’est également attardé sur le programme de promotion de l’approvisionnement en eau potable dans le monde rural et la lutte contre la précarité dans certaines zones, notamment en période de sécheresse. Ainsi, 659 centres d’approvisionnement en eau potable seront programmés pour une enveloppe de 5 milliards de dirhams. Ces mesures devront bénéficier à quelque 7876 douars, pour une enveloppe globale d’environ 9,68 milliards de dirhams.

article suivant

Assemblée générale de l’ONU : avec El Othmani en porte-drapeau, le Maroc entame un ballet diplomatique virtuel