Riyad dément avoir piraté le téléphone du patron d'Amazon Jeff Bezos

L’ambassade d’Arabie saoudite à Washington a démenti, le 21 janvier, l’implication du royaume dans le piratage du téléphone du patron d’Amazon Jeff Bezos, après la publication d’articles de presse mettant en cause un message WhatsApp envoyé depuis le compte du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

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Le patron d'Amazon Jeff Bezos en compagnie du prince Mohammed ben Salmane, en 2016. Crédit: AFP

Cette intrusion dans le téléphone du fondateur d’Amazon, commise en 2018, avait conduit à la publication d’images intimes de Jeff Bezos, propriétaire du Washington Post qui employait comme chroniqueur Jamal Khashoggi, journaliste saoudien assassiné la même année au consulat saoudien à Istanbul.

“Accusations absurdes”

Les récents articles qui suggèrent que le royaume est derrière le piratage du téléphone de M. Jeff Bezos sont absurdes”, a déclaré l’ambassade d’Arabie saoudite sur son compte Twitter. “Nous demandons une enquête sur ces allégations afin que toute la lumière soit faite sur ces faits”, a-t-elle ajouté.

Mardi 21 janvier au soir, le Washington Post a rapporté que les Nations unies allaient publier, le lendemain, un rapport affirmant que le téléphone de Jeff Bezos avait été piraté après la réception d’un message WhatsApp en provenance d’un compte attribué au prince Mohammed ben Salmane, le dirigeant de fait du royaume.

Échange amical, fichier corrompu

Peu après la réception du message, une grande quantité de données ont été extraites du téléphone de Jeff Bezos, selon le Washington Post. Suite à une investigation numérique, The Guardian avait affirmé qu’un message provenant du numéro utilisé par le prince était soupçonné d’avoir véhiculé un fichier infecté ayant corrompu le téléphone.

Les deux hommes avaient un échange apparemment amical quand le fichier indésirable a été envoyé, selon des sources citées par The Guardian. Jeff Bezos avait engagé la société Gavin de Becker & Associates pour découvrir comment des messages et photographies privés avaient pu parvenir au journal people National Enquirer.

L’Arabie saoudite impliquée

La révélation par ce dernier tabloïd d’une liaison du patron d’Amazon avait conduit à son divorce. En mars, Gavin de Becker & Associates avait déjà mis en cause les autorités saoudiennes. “Nos enquêteurs et plusieurs experts ont conclu avec un haut degré de confiance que les Saoudiens ont eu accès au téléphone de M. Bezos, et récolté des informations privées”, affirmaient-ils au site Daily Beast. Mais la société n’avait pas désigné précisément le responsable de ce piratage au sein du gouvernement saoudien ni donné de détails sur ce qui lui avait permis d’arriver à cette conclusion.

En décembre, un tribunal saoudien a exonéré l’entourage de Mohammed ben Salmane de toute responsabilité dans le meurtre de Khashoggi, un verdict largement décrié comme une parodie de justice dans le monde, à l’exception de Washington. La CIA comme l’envoyée spéciale des Nations unies Agnès Callamard ont directement lié le prince Mohammed ben Salmane au meurtre, ce que dément avec véhémence le royaume.

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