Précarité menstruelle: une détresse silencieuse

Manque d’accès aux protections hygiéniques, sanitaires quasi inexistants au sein des écoles et ignorance du fonctionnement du cycle menstruel… la difficulté d’être pubère et précaire a des implications dans la vie scolaire et sociale.

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Bouteilles en plastique découpées, papiers journaux pliés et enveloppés de cellophane... nombreuses sont les solutions de fortune nées de la détresse d'être pubère et de ne pas en avoir les moyens. Crédit: AFP

Je croyais que si je me lavais pendant mes règles, je ne pourrais pas avoir d’enfants plus tard”, confie Oumaima, une adolescente de 15 ans originaire d’un petit village dans la région de Marrakech. Leïla, sa voisine de 14 ans, admet ne pas aller à l’école durant cette période, par peur qu’on se moque d’elle si une tache venait à souiller son pantalon. Saida, qui a aujourd’hui 25 ans, raconte la crainte qu’elle a éprouvée lorsqu’elle a découvert à 13 ans une tache brunâtre dans sa culotte : “J’ai eu très peur, j’ai caché mes vêtements”. Sa sœur, à laquelle elle raconte sa première menstruation, la battra le mois d’après lorsqu’elle a un retard de règles. “Elle a cru que j’étais enceinte, que j’avais fait quelque chose avec un homme”, nous explique-t-elle. “Les filles, à l’arrivée des règles, vivent une période difficile à cause des transformations hormonales…

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