Discrimination à la CTM : au conditionnel, l'Exécutif “dénonce totalement les usages racistes”

Au sortir du traditionnel conseil du gouvernement, le 31 octobre, le porte-parole du gouvernement Hassan Abyaba a affirmé que “l’Executif fera front contre tout acte raciste subi par les ressortissants subsahariens”, suite à la révélation de pratiques discriminatoires chez les opérateurs de car, déclenchée en début de semaine.

Par

TNIOUNI

Après la publication de photos sur les réseaux sociaux, mentionnant l’obligation pour les “Africains” (sic) de présenter un titre de séjour pour pouvoir se déplacer dans le pays à travers le réseau de bus CTM, démenti par l’opérateur, le gouvernement a également réagi. Par le biais de son nouveau porte-parole, Hassan Abyaba, l’Exécutif a indiqué que “si l’un des transporteurs marocains ou étrangers recourt à des usages racistes, nous le dénoncerons totalement”.

Lors du point presse tenu traditionnellement en sortie du conseil du gouvernement, Hassan Abyaba, étiqueté Union constitutionnelle (UC), a déclaré que “l’Exécutif fera front contre tout acte raciste subi par les ressortissants subsahariens, qui sont les bienvenus dans le pays, dans le cadre des dispositions légales”.

Le nouveau porte-parole en veut pour preuve la régularisation de nombreux migrants subsahariens, entre 2013 et 2014. D’après une récente communication du Haut-Commissariat au plan (HCP), ce 30 octobre, le Maroc a régularisé 23 096 migrants, dont 10000 femmes et des mineurs non accompagnés.

Le CNDH a ouvert une enquête

Une tentative d’éteindre l’incendie rapidement, alors que depuis le début de semaine, la polémique a rapidement enflé autour de l’opérateur CTM. Sur les réseaux sociaux, un cliché d’une instruction émanant “d’autorités compétentes” indiquent aux contrôleurs du transporteur l’obligation de vérifier les titres de séjour de clients subsahariens désireux de se rendre vers “les destinations Nord et Sud du Maroc”, avant de vendre les tickets de voyage.

Une mesure raciste et discriminante corroborée, dans la foulée, par une copie du procès-verbal (PV) de la réunion de la délégation régionale du ministère des Transports et de l’équipement de Laâyoune, rendue publique sur les réseaux sociaux. A l’initiative de six agences de transports (Supratours, SATAS, CTM, SAT, Noujoum Assahara et Sarii Assahra), le document donnait des instructions relatives à la vente de billets aux populations “migrantes”. Une opération “afin d’empêcher ce phénomène qui dégénère jour après jour”, poursuivait le PV.

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Face à l’ampleur de l’indignation, la CTM a publié le 30 octobre, un démenti. Contactée par TelQuel, à ce moment-là, une source autorisée à la CTM nous expliquait dans un premier temps que “le communiqué publié le 30 octobre sur la page Facebook est en réaction à la photo qui circule sur Internet, présentant un document qui n’existe nulle part à la CTM. Il n’est pas signé par l’entreprise et n’est en aucun cas officiel”.

Depuis, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a annoncé, ce 31 octobre, avoir ouvert une enquête. “Le CNDH s’est saisi de ces informations, réalise les investigations nécessaires et prendra attache avec l’ensemble des acteurs concernés conformément à son mandat”, a indiqué l’instance constitutionnelle dirigée par Amina Bouayach.

 

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