Amazonie : Bolsonaro refuse l'aide financière du G7 et annonce que les feux sont "sous contrôle"

Amazonie : Bolsonaro refuse l'aide financière du G7 et annonce que les feux sont "sous contrôle"

A la suite du G7 tenu à Biarritz du 24 au 26 août, les membres se sont accordés à verser plusieurs millions de dollars au Brésil pour aider à la lutte contre la propagation des feux de forêt qui ravagent l'Amazonie. Mais cela n'a pas été du goût du chef du gouvernement brésilien... qui l'a refusée.

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Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro à Osaka le 28 juin 2019 lors d'un sommet du G20. PHOTO / Jacques Witt / POOL / AFP

Le Brésil, en poursuivant sa rhétorique anti-Macron, a opposé dans la nuit de lundi à mardi une fin de non-recevoir à l’aide d’urgence proposée par les pays du G7, et affirmé que les incendies en Amazonie, qui ont encore progressé en ce début de semaine, étaient “sous contrôle”.

Tension climatique et diplomatique

Mais depuis plusieurs jours, au-delà de l’enjeu écologique, la catastrophe de l’Amazonie s’est transformée en une véritable guerre diplomatique et d’égo. Onyx Lorenzoni, le chef de cabinet du président brésilien Jair Bolsonaro (exerçant des fonctions équivalentes à celles d’un chef de gouvernement), a formalisé le rejet de l’aide par Brasilia. “Nous remercions le G7 pour son offre d’aide, mais ces moyens seront peut-être plus pertinents pour la reforestation de l’Europe”, a-t-il lancé. “Macron n’arrive même pas à éviter un incendie prévisible dans une église qui fait partie du patrimoine mondial de l’humanité, et il veut nous donner des leçons pour notre pays?”, a ajouté le responsable brésilien, dans une allusion à l’incendie qui a touché la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier.

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Le leader brésilien d’extrême droite avait amorcé le rejet de l’aide en tweetant: “Nous ne pouvons accepter qu’un président, Macron, lance des attaques déplacées et gratuites contre l’Amazonie, ni qu’il déguise ses intentions derrière l’idée d’une alliance de pays du G7 pour sauver l’Amazonie, comme si c’était une colonie”. “Le respect de la souveraineté de quelque pays que ce soit est le minimum qu’on puisse attendre dans un monde civilisé”, avait-il ajouté, après plusieurs jours d’échanges houleux entre les deux dirigeants.

Les représentants des pays membres du G7, réunis à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, avaient promis de débloquer d’urgence 20 millions de dollars pour envoyer des avions bombardiers d’eau supplémentaires. Le G7 est tombé d’accord, a ensuite précisé M. Macron, pour un plan d’aide “d’au moins 30 millions“ de dollars, destiné à la reforestation, et qui devra être finalisé au cours de l’Assemblée générale des Nations unies fin septembre.

Dimanche, M. Macron avait par ailleurs déploré les propos “extraordinairement irrespectueux“ du chef de l’Etat brésilien à l’encontre de son épouse Brigitte. Le président avait en effet effectué une sortie médiatique où il s’en était pris au physique de la première dame de France. Le président Macron disait espérer “très rapidement“ que les Brésiliens “auront un président qui se comporte à la hauteur”. A la veille du G7, Macron avait accusé Bolsonaro de lui avoir “menti“ sur ses engagements en matière d’écologie, et annoncé que la France s’opposait désormais à l’accord controversé de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, un groupe de pays sud-américains, dont le Brésil.

Qu’en est-il des feux?

Lundi, le ministre brésilien de la Défense a assuré que les incendies en Amazonie étaient “sous contrôle”, après le déploiement de plus de 2.500 militaires et des pluies signalées dans plusieurs des régions concernées. La situation “a été un peu exagérée”, a ajouté le ministre, qui a affirmé devant des journalistes à la sortie d’une réunion avec Jair Bolsonaro que le Brésil avait connu certaines années des “pics d’incendies beaucoup plus graves”.

Quelque 1.113 nouveaux départs de feu ont été recensés dimanche au Brésil par l’Institut national de recherche spatiale (INPE). Au total, près de 80.000 feux de forêt ont été répertoriés au Brésil depuis le début de l’année, un plus haut depuis 2013, dont plus de la moitié en Amazonie.

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