Recettes en baisse, dépenses en hausse : le bulletin maussade de la Trésorerie générale

Recettes en baisse, dépenses en hausse : le bulletin maussade de la Trésorerie générale

Dans son bulletin mensuel de statistiques des finances publiques à fin juin 2019, la Trésorerie générale du royaume (TGR) compare les finances du pays entre fin juin 2018 et cette année. Bilan: les dépenses publiques ont augmenté de près de 11% et les recettes ont diminué de 9,7%, creusant le déficit budgétaire.

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Trésorerie générale du Royaume du Maroc. Crédit : Tniouni

Le bulletin mensuel du TGR à fin juin 2019 met en exergue les résultats de l’application de la loi de finances 2019 comparés à la même période l’an dernier. Un bilan assez déséquilibré qui dévoile des recettes en baisse et des dépenses en hausse avec un accroissement du déficit budgétaire.

Des recettes en baisse

Malgré la cession de 8% du capital de Maroc Telecom aux acteurs institutionnels pour tenter de renflouer les caisses, les recettes ordinaires affichent une chute de 9,7% à fin juin 2019. La vente, dont 6% ont été réservés aux institutionnels, a rapporté plus de 6,5 milliards de dirhams répartis de moitié dans le budget de l’Etat et dans le Fonds Hassan II. Ces derniers ont compté pour 3,3 milliards de dirhams dans le budget de l’Etat, remplissant ainsi à hauteur de 67 % les objectifs de privatisation. Les 2% restants, destinés au marché boursier marocain, ont généré près de 2,2 milliards de dirhams comme l’indique Maroc Telecom dans son communiqué du 16 juillet, mais n’ont pas été comptabilisés dans la note de la TGR. Dans le bulletin de la Trésorerie, la catégorie “monopoles et participations” a donc connu une nette augmentation de 40,6% suite à la cession des 6% du capital de Maroc Telecom, contribuant ainsi à 3,8 % des recettes de l’Etat.

La baisse générale des recettes est, selon le bulletin, d’autant plus ressentie que le Conseil de Coopération du Golfe avait fait don au Maroc de 24 milliards de dirhams en 2018, comptabilisée au budget de l’Etat. Non réitérée cette année, la répercussion est nette. Une chute drastique des recettes non fiscales sur le premier semestre 2019 de plus de 56%. “Il faut rappeler que ce don qui n’est pas réitéré sur 2019 biaise le niveau des recettes. Qui plus est, économiquement, 2019 n’est pas une bonne année. Les prévisions de croissance sont revues à la baisse,” explique l’économiste Mohamed Cherki.

Les recettes fiscales ont quant à elles augmenté de 4,5 % au premier semestre de cette année pour atteindre 110,7 milliards de dirhams. Parmi les éléments contributeurs aux recettes fiscales, la TVA contribue à 23,4% des recettes ordinaires nettes à fin juin 2019.

Dépenses en hausse

Quant aux dépenses publiques, ces dernières affichent une tendance en nette hausse de 10,9% pour atteindre plus de 122 milliards de dirhams à fin juin 2019. Les principales explications se trouvent dans l’explosion des compensations qui du premier semestre 2018 au premier semestre 2019 ont bondi de plus de 121% à 9,9 milliards de dirhams. Selon Mohamed Cherki, “le cours du gaz butane a augmenté depuis la fin d’année 2018. L’utilisation de plus en plus fréquente dans l’agriculture, l’industrie, et au niveau des ménages fait que de facto, la compensation explose”. Le butane avait connu une hausse significative sur l’année 2018 avant d’atteindre son pic en septembre à plus de 630$ la tonne. Lissée sur l’année 2018, la hausse du prix du butane était déjà estimée à 11%.

D’autre part, une hausse remarquable de 65,4% des dépenses concerne les dégrèvements et remboursements de la TVA aux entreprises, organisée par le ministère des Finances à hauteur de 40 milliards de dirhams.

Concernant les dépenses, il faut également remettre les choses en perspectives. Cette année, l’Etat s’est beaucoup engagé sur le plan social avec 27 milliards de dirhams d’investissements, donc comparé à l’an dernier ou il y a deux ans, la différence est plus forte,” explique Mohamed Cherki.

Selon le bulletin du TGR, le déficit budgétaire est annoncé à 21,8 milliards de dirhams fin juin 2019 contre un déficit budgétaire de 20,4 milliards un an auparavant, soit un accroissement de plus de 6,7%.

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