Amine Radi : une affaire de violences policières qui divise

Amine Radi : une affaire de violences policières qui divise

Arrêté par un policier samedi, le comédien Amine Radi s'est filmé à proximité de l'agent qui l'a interpellé, affirmant avoir été victime de violences. Alors qu'il était en direct sur Facebook, il a été physiquement agressé par l'agent, comme l'attestent les images. L'affaire divise. 

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Le samedi 18 mai, le comédien Amine Radi a fait réagir les réseaux sociaux en publiant une vidéo de lui, où il affirme avoir été agressé par un policier près du pont de Tit Mellil à Casablanca. “On est en 2019, et il existe encore des policiers qui agressent des citoyens”, s’indigne le comédien. Alors qu’il s’insurge contre cette violence en direct sur Facebook, le policier le moleste à nouveau. Toujours disponible en ligne, la vidéo a été vue 1,7 million de fois.

Publiée par Amine Radi sur Samedi 18 mai 2019

L’affaire du comédien, suivi par près d’un million de personnes sur les réseaux sociaux, est rapidement devenue objet de débat. Rapidement, un communiqué de la DGSN a indiqué qu’une enquête judiciaire a été ouverte après l’incident. La même source ajoute que l’inspection de la sureté nationale a lancé une enquête administrative dans le but de déterminer les “dépassements professionnels” attribués au policier.

Malgré tout, l’agression du comédien divise l’opinion publique. Sur Facebook et Twitter, un grand nombre de nombreux internautes jugent “honteuse” la réaction du policier. D’autres, au contraire, estiment que le comédien n’avait pas le droit de filmer l’agent de la circulation qui l’a interpellé.

Une troisième catégorie d’internautes estime que les violences policières font partie du quotidien d’un grand nombre de Marocains, et a préféré rire de l’incident.

La nouvelle star du web

Le ramadan”, le “soleil et le ramadan”, “ses nerfs sont tendus à cause du ramadan”, “avec sa façon de parler, Amine Radi l’a provoqué”… Voici quelques exemples de justifications trouvées par les internautes pour plaider en faveur de l’agent.

Une page intitulée “Le policier qui a frappé Amine Radi” a vu le jour et a été suivie par plus de 10.000 personnes en moins de 48h. Elle compile des images détournées de l’agression, où le policier est devenu un véritable “meme” (phénomène internet).

Mais le sujet a aussi suscité un débat plus sérieux. Dans quels cas un policier peut-il faire usage de la violence légitime ? Le comédien avait-il le droit de filmer le policier ? Que risque le policier ?

Comme l’a relevé Medias24 qui consacre un article complet au volet légal de l’affaire, en vertu de l’article 22 de la Constitution, il “ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que soit, et par quelque partie que ce soit privée, ou publique. Nul ne doit infliger à autrui, sous quelque prétexte que ce soit, des traitements cruels, inhumains, dégradants ou portant atteindre à la dignité humaine”.

En outre, dans son article 447-1 alinéa 2, le Code pénal incrimine quant à lui “la capture, l’enregistrement et la diffusion d’une photographe d’une personne, non consentante, se trouvant dans un lieu privé”. Dans le cas d’espèce, le policier était dans l’exercice de ses fonctions sur la voie publique.

Amine Radi va bien

En attendant les éléments de réponse de l’enquête ouverte par la DGSN, Amine Radi a donné de ses nouvelles pour rassurer ses fans. Le jour même de l’incident, le comédien a confirmé avoir porté plainte auprès d’un commissariat.

Je tiens à vous remercier tous pour vos messages de soutien et d’inquiétude. Je me permet de partager cette photo pour…

Publiée par Amine Radi sur Samedi 18 mai 2019

Dans un entretien accordé à Febrayer, l’humoriste assure n’avoir pas commis d’infraction avant son interpellation. Il livre sa version des faits en affirmant avoir filmé la scène afin d’obtenir des preuves de son agression. Il insiste également sur le “bon accueil” qui lui a été réservé lorsqu’il a souhaité déposer plainte au commissariat, et affirme avoir renoncé à une action en justice pour ne pas nuire à sa carrière.

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