L’Etat aristo et l’Etat clodo

Le récit de l’impuissance est le suivant: si les services publics de base sont dans un état comateux, c’est que les caisses sont vides. Ce puissant élément de langage infuse la société dans toutes ses catégories et, souvent, anesthésie les colères les plus tenaces. On y croit par lassitude. Or, le froid perçant des Açores, les réveils aux aurores estampillés GMT+1, et l’engourdissement des matins fatigués confèrent parfois à l’esprit une lucidité qui vient déchirer le voile du mythe. Du coup, ce récit de l’impuissance cède devant le constat qui suit: aux confins de l’Etat coexistent deux pôles, un pôle de profits et un pôle de dépenses. Le premier englobe ces offices, directions, instances qui, de par leur statut d’entité d’encaissement, collectent ou gèrent les flux de cash. Ce pôle est l’incarnation d’une aristocratie administrative dont l’efficacité se révèle souvent supérieure à celle de la sphère privée. Ainsi, la Direction générale des impôts a su se digitaliser fissa pour mieux harponner les évadés fiscaux. Même topo à l’Administration des douanes, dont les services, désormais numérisés, promettent d’engranger des rentrées mirobolantes…

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