Le procès reporté au 12 février, le PJD charge le témoin principal

La Cour d’appel de Fès a décidé de reporter le procès pour complicité d'assassinat d'Abdelali Hamieddine. Dans le même temps, le PJD a publié un communiqué dans lequel il soutient, documents juridiques à l’appui, que le témoin à l'origine de la réouverture de ce dossier est un «menteur».

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Tniouni/TelQuel

La Cour d’appel de Fès a décidé ce mardi 25 décembre de renvoyer au 12 février le procès de l’homme politique Abdelali Hameddine. Le responsable PJD est accusé d’être le coauteur de  l’assassinant de l’étudiant Mohamed Benaissa Aït El Jid en 1993, lors d’un affrontement entre étudiants gauchistes et islamistes à l’Université Dar El Mahrez de Fès.

La décision de justice fait suite aux requêtes des avocats des deux parties, souhaitant mieux examiner le dossier. Pour rappel, Abdelali Hamieddine avait déjà purgé deux années de prison ferme après avoir été condamné le 4 mai 1994 pour « participation à une rixe au cours de laquelle sont exercées des violences ayant entrainé la mort».

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Selon TelQuel Arabi, plusieurs avocats se sont enregistrés auprès de la Cour pour défendre Hamieddine durant cette première audience qui a duré moins d’une heure. Une séance durant laquelle l’élu PJD a bénéficié d’un large soutien de son parti. L’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane et le maire de Fès, Driss El Azami El Idrissi, étaient notamment présents.

Le PJD soutient un « frère »

Près de 25 ans après la mort de Benaissa Aït El Jid, le dossier a été rouvert suite à une déposition du principal témoin de l’affaire, Haddioui El Khammar, lui-même condamné avec Hamieddine et un certain Omar Rammach à la même peine. Une déposition jugée  non fondée par le PJD qui taxe le témoin de «menteur».

Dans un communiqué publié sur son site web, le parti à la lampe affirme détenir un document judiciaire contenant d’anciennes déclarations d’El Khammar qui contrastent avec sa dernière déposition. D’après ce document diffusé sur les réseaux sociaux, «le témoin nie catégoriquement connaitre Abdelali Hamieddine».

« Je ne peux pas affirmer si Abdelali Hamieddine était présent ou pas au moment où nous avons été attaqués Mohamed Aït El Jid et moi pour une seule raison : le groupe était composé de 25 à 30 personnes. Comme je vous l’avais déjà dit, je l’ai rencontré pour la première fois en prison», peut-on lire dans cette déposition datant du 20 février 2012.

«A l’époque, je ne connaissais personne du nom d’Abdelali Hamieddine. Je ne l’ai connu que pendant mon séjour en prison, tout comme Omar Rammach. Ils étaient tous les deux dans le même quartier que moi en prison », reconnait le principal témoin dans ce document.

« La décision du juge d’instruction de poursuivre de nouveau Hamieddine s’appuie sur les déclarations fragiles d’une personne qui a menti dans ses nombreuses déclarations contradictoires, ce qui soulève plus d’une question sur les fondements véritables de la réouverture d’une affaire que le pouvoir judiciaire a tranchée depuis plus d’un quart de siècle», soutient le PJD.

Pour suivre de près l’évolution du dossier, le parti du chef du gouvernement avait décidé de constituer une commission spéciale, présidée par Mustapha Ramid. Le ministre d’État chargé des droits de l’Homme, qui considère cette nouvelle inculpation contraire aux principes d’une «justice équitable», «fournira également le soutien et l’appui nécessaires au frère Abdelali Hamieddine» pendant son procès.

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