Pour Laftit, les nihilistes sapent la lutte antiterroriste

Le ministre de l'Intérieur s'exprimait ce lundi, pour la première fois, sur le double meurtre d'Imlil. Détails.

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Le ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit lors d'une intervention au Parlement le 24 décembre. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Le terrible crime survenu dans la région d’Al Haouz a confirmé notre conviction que le Maroc est constamment confronté à des menaces terroristes», a d’abord déclaré Abdelouafi Laftit, lors d’une séance des questions orales à la Chambre des représentants, ce lundi 24 décembre.

Danger «constant»

«Ce qui nous préoccupait est bel et bien arrivé, et ce, par des moyens simples à la portée de tous. Ce crime a confirmé que le terrorisme n’avait pas de patrie et qu’il pouvait frapper à tout moment. Nous ne pouvons plus parler de l’absence de risques», a-t-il estimé, affirmant que «toutes les tranches de la population marocaine ont condamné ce douloureux incident et rejeté cet acte barbare et brutal, car il est inacceptable et opposé aux traditions des Marocains et à celles de la région où le meurtre a été commis».

«Nous partageons avec vous la tristesse que vous ressentez et exprimons aux familles des victimes notre solidarité et nos plus sincères condoléances», a-t-il poursuivi.

«Ce crime confirme qu’il existe un danger constant et permanent, tant qu’il existe une rhétorique extrémiste qui résonne et rejoint (la pensée) adoptée par quelques extrémistes locaux, et tant qu’il y a des groupes terroristes qui nuisent par tous les moyens à notre sécurité intérieure», a-t-il poursuivi.

«Culture du désespoir»

Pour Abdelouafi Laftit, «l’efficacité de l’approche adoptée par l’État en matière de lutte contre le terrorisme est toujours vulnérable en raison de la perturbation qui résulte de la persistance de certains à adopter une approche opportuniste, incarnée par certains courants à l’intérieur et à l’extérieur du pays qui prônent des discours nihilistes, nourrissant ainsi la frustration et la culture du désespoir à des fins douteuses».

«La première étape dans la lutte contre le terrorisme consiste à empêcher notre société d’exploiter la religion pour atteindre des objectifs méprisables, loin de ses valeurs nobles», a souligné le ministre de l’Intérieur. Abdelouafi Laftit a par ailleurs souligné «la nécessité pour les individus et les groupes de tenir un discours clair» et de ne pas faire dans la «commercialisation des valeurs morales», puisqu’il n’y a pas de «degré moyen dans l’amour de la patrie». Pour le ministre, le sentiment patriotique ne «doit pas être occasionnel», mais plutôt un «renouvellement permanent de l’appartenance à un pays avec son présent, son passé et son avenir».

Laftit a également estimé que «le discours (religieux, NDLR) adopté par certaines parties et mis en avant en fonction de certaines circonstances, ainsi que la quête constante de réduire les efforts de l’État à néant conduisent inévitablement à une perte de confiance dans ce qui nous rassemble en tant que nation et dans notre modèle marocain attaché à la modération». Une situation qui selon lui «peut amener certains à rechercher des loyautés alternatives fondées sur l’extrémisme, le fanatisme, la violence et la haine».

Les sécuritaires s’expriment

Les explications du ministre de l’Intérieur interviennent quelques heures après le passage du porte-parole de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), Boubker Sabik, sur le plateau de l’émission «Confidences de presse» sur 2M dans la soirée du 23 décembre.

Lors de cette émission diffusée en prime time, le responsable a affirmé que le crime d’Imlil n’avait rien à voir avec l’organisation terroriste Daech. Il a précisé par ailleurs qu’aucun des suspects interpellés par les autorités  ne s’était rendu dans les zones de combat en Irak et en Syrie. Le porte-parole de la DGST avait également révélé à cette occasion que les quatre premiers suspects arrêtés par les autorités se sont rendus à Imlil le 14 décembre pour identifier de potentielles victimes.