Des journalistes tunisiens s’insurgent contre la visite de MBS dans leur pays

Dans une lettre ouverte adressée au président tunisien Beji Caid Essebsi, le syndicat des journalistes tunisiens se dit « indigné » par la visite prochaine du prince héritier saoudien. Mohammed Ben Salmane est attendu le 27 novembre à Tunis.

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Manifestation de journalistes tunisiens en février 2018. Crédit: AFP

En Tunisie, la prochaine visite du prince héritier Mohammed Ben Salmane (MBS) est loin de faire l’unanimité. Dans une lettre adressée au président tunsien Beji Caid Essebsi, le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) se dit « indigné » par la visite de l’hériter du trône saoudien, attendu le 27 novembre prochain à Tunis, rapporte l’agence de presse tunsienne TAP.

Pour le SNJT, cette visite est « provocante »  car elle constitue une « violation criante des principes de la Révolution de 2011 ».  Le syndicat estime également que le prince héritier saoudien est « un véritable danger pour la paix et la sécurité dans le monde » et le qualifie d’ « ennemi de la liberté d’expression » dans cette lettre ouverte signée par sa secrétaire générale Soukeina Abdessamad.

La visite de MBS à Tunis s’inscrit dans le cadre d’une tournée entamée, sur « instruction » de son père »,  par le prince héritier saoudien à travers le monde arabe. La première étape de cette tournée, sa première sortie internationale depuis la disparition Jamal Khashoggi, a mené le fils du roi Salmane aux Emirats arabes unis où il a rencontré le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohamed ben Zayed Al Nahyane.

Selon des « sources diplomatiques » citées par Ledesk.ma, Mohamed Ben Salmane devrait également  se rendre au Bahreïn, en Égypte, en Algérie ainsi qu’en Mauritanie. Le prince héritier ne se rendra toutefois pas au Maroc comme l’a indiqué une source diplomatique marocaine à TelQuel.

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A l’issue de cette tournée, MBS est attendu à Buenos Aires où il représentera son père lors du sommet du G20. A cette occasion, le prince saoudien devrait rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan pour ce qui constituera la première rencontre officielle entre les deux hommes depuis la mort de Jamal Khashoggi à Istanbul.