Sans élections au Conseil du tourisme de Fès-Meknès, le risque d’une « année blanche » – Telquel.ma

Sans élections au Conseil du tourisme de Fès-Meknès, le risque d'une "année blanche"

Depuis mai dernier les activités du Conseil régional du tourisme de Fès-Meknès sont à l’arrêt et ses employés ne perçoivent plus leurs salaires. La raison de ce blocage ? La non-élection d’un président à la tête de l’institution. En cause : des tensions entre Aziz Lebbar, parlementaire et investisseur dans le secteur du tourisme, et l’ancien président de l'institution, Ahmed Sentissi.

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Ville de Fès Crédit: wikicommons

Depuis près de six mois, les activités du Conseil régional du tourisme (CRT) de Fès-Meknès sont au point mort. En cause ? Un conflit entre Aziz Lebbar, parlementaire élu sous l’étiquette du PAM et investisseur dans le secteur touristique à Fès, et l’ancien président du CRT, Ahmed Sentissi.

Depuis le 10 mai dernier, les deux hommes ont suspendu le processus de nomination d’une commission préparatoire pour l’élection d’un nouveau président à la tête du CRT local. Un blocage qui pourrait mettre à mal l’économie de la région et empêcher le rayonnement touristique à l’international de villes comme Fès, Meknès, Ifrane ou encore Taza. Puisqu’en l’absence de président à la tête du CRT, la région n’a plus de représentant auprès du ministère de tutelle et ne peut ainsi être représentée lors d’événements internationaux consacrés au tourisme.

Bataille d’ego

Selon un proche d’Ahmed Sentissi, ayant requis l’anonymat, Aziz Lebbar aurait voulu faire participer à la commission préparatoire « des personnes qui n’avaient pas la légitimité d’être là et qui venaient d’adhérer au CRT 20 minutes plus tôt ». À défaut d’avoir reçu un « agrément » de la part du ministère de l’Intérieur et du Tourisme pour inclure ces personnes, les élections tombent alors à l’eau.

Pour Abdelhadi Mernissi, président de l’Association régionale de l’industrie hôtelière à Fès, contacté par TelQuel, les partis en conflit ont “un vieux contentieux à régler”. “Lebbar défend son prestige de député, d’investisseur potentiel, sans avoir le temps ni la vocation pour gérer le CRT. Tandis que Sentissi y va fort en s’imposant dans le paysage comme étant le président de fait du CRT, ce qui énerve tout le monde”,  estime-t-il.

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Une paralysie qui n’est pas sans entraîner des dommages collatéraux. Les premiers touchés : les employés de l’institution qui ne « sont pas payés depuis plusieurs mois », déplore notre interlocuteur au sein du CRT Fès-Meknès. Selon lui, les compromis proposés par les deux parties sont « insuffisants » alors qu’un «  simple respect de la loi » pourrait décanter la situation.

« Année blanche » ?

L’économie de Fès est également pénalisée. De fait, les autorités n’ont aucun interlocuteur pour régler les problèmes et “représenter dignement la région ou bénéficier du soutien et de l’aide que l’État et les organismes publics accordent à la ville”, s’insurge Abdelhadi Mernissi. Et d’estimer que lors de manifestations internationales et nationales, la région Fès-Meknès “n’ est pas représentée et n’a pas de vis-à-vis par rapport à l’aérien ou des institutions”.

Même son de cloche chez le président du Conseil provincial du tourisme (CPT) de la ville impériale, Adil Terrab. Contacté par TelQuel, il affirme que “les plans d’action proposés à l’Office national marocain du tourisme (ONMT) sont à l’arrêt”. “C’est une année blanche pour le tourisme à Fès”, affirme Adil Terrab. Et de poursuivre : “La région souffre, heureusement que le CPT de Meknès a proposé un plan d’action pour bénéficier de financement pour mener à bien certaines actions”.

D’après une source proche du dossier, le travail de promotion touristique de l’ONMT se poursuit malgré ce contentieux. Et de préciser dans ce sens qu’une délégation de professionnels du tourisme, dont des représentants de la région de Fès-Meknès, se trouve actuellement à Londres.

Plan B

Said Zniber, wali de la région Fès-Meknès, est monté au créneau à plusieurs reprises pour débloquer la situation. Mais, “l’entêtement des parties prenantes” a bloqué la situation, considère Abdelhadi Mernissi. Selon lui, il faudrait “trouver un plan B pour sortir Fès de l’impasse”. Du côté du président CPT de Meknès, le ton est rassurant : “C’est en phase de règlement. On a eu des réunions avec les autorités. On a fait notre proposition en attendant qu’elle soit validée par les autorités de tutelle”.

Contacté par nos soins, le délégué régional par intérim du ministère du Tourisme à Fès, Abdellah Lemnii, ne souhaite pas pour sa part s’exprimer sur le sujet. Aziz Lebbar a également été sollicité à plusieurs reprises, sans succès.

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