Au conseil national du PJD, El Othmani galvanise sur la darija mais élude sur le PPS

Le PJD a tenu une session extraordinaire de son conseil national le 15 septembre à Bouznika. Une occasion pour El Othmani, soutenu par Benkirane, de répondre à Noureddine Ayouch sur la darija. En revanche, le dossier de la crise larvée avec le PPS n'a pas été abordée.

Par

Le chef du gouvernement et secrétaire général du PJD Saad Eddine El Othmani. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Lors d’une intervention devant les membres du conseil national du PJD, le secrétaire général du parti Saad Eddine El Othmani, a qualifié les différentes sorties médiatiques de Noureddine Ayouch sur la question de l’enseignement en darija de « daechisation politique ».

Interrogé sur les oppositions à l’utilisation de la darija dans certains manuels scolaires, le publicitaire à l’origine du premier dictionnaire de darija avait notamment commenté : « les chiens aboient, la caravane passe ».

Abdelilah Benkirane le 15 septembre à BouznikaCrédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Oeil pour oeil, dent pour dent, El Othmani lui répond le 15 septembre devant le parlement de son parti réuni en session extraordinaire à Bouznika : « A notre tour de lui dire : les chiens aboient, la caravane passe. Nous allons marcher, la caravane de la réforme marchera. La caravane de l’attachement et de la défense des fondements ira jusqu’au bout. Seule cette caravane va marcher, mais à condition du soutien de tout le monde ». 

L’ex-secrétaire général du parti Abdelilah Benkirane a lui aussi pris la parole devant les membres du conseil national pour appeler à l’unité derrière son successeur. « Celui qui veut aider El Othmani qu’il le fasse… sinon, qu’il le laisse tranquille », a-t-il déclaré.

Contacté par TelQuel Arabi, Noureddine Ayouch a assuré avoir « décidé d’arrêter tout dialogue sur la question de l’enseignement en darija et avoir également annulé toutes ses interventions programmées dans les médias en ce qui concerne ce sujet ».

à lire aussi

Motus et bouche cousue

Autre dossier brulant pour le PJD, celui de la suppression du secrétariat d’Etat chargé de l’eau lors d’un conseil des ministres le 20 aout, et qui le met aux prises avec son allié politique du PPS. Le parti emmené par Nabil Benabdellah qui a vu sa secrétaire d’Etat Charafat Afilal évincée du gouvernement sans obtenir les explications qu’il attend, a convoqué son comité central pour le 22 septembre et pour décider des suites à donner à cette décision conduite par le PJD. Les sages du parti du livre appellent notamment à quitter la majorité. 

Or, au conseil national du PJD la question de « la suppression du secrétariat de l’Eau n’a pas été abordée. Le programme de cette session extraordinaire ne contient aucune mention par rapport à ce sujet », a affirmé à TelQuel Arabi une source au sein du conseil ayant requis l’anonymat.

« Le ministre de l’Equipement et du Transport Abdelkader Amara ne présentera aucun rapport sur ce sujet. Or, les membres du parti sont demandeurs d’éclaircissements sur ce dossier, ainsi que sur ses évolutions après la dernière rencontre avec la direction du PPS », révèle une autre source à TelQuel Arabi.

Abdelkader Amara et Mustapha Ramid le 15 septembre à BouznikaCrédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Le président du conseil national du PJD Driss El Azami a tout de même fait une allusion discrète à cette crise. « L’alliance entre les deux partis a toujours été fondé sur la continuité du travail commun en vue de la construction démocratique et le soutien des chantiers réformateurs », a-t-il déclaré.

article suivant

Éthiopie : l’armée lance son offensive sur la capitale du Tigré