Pouvoir. Les silences du Palais

La choix de réinstaurer le service militaire ainsi que le limogeage de ministres annoncés via des communiqués du cabinet royal ont souligné l’opacité de décisions prises en haut lieu. A défaut d’explications, on en est réduit à chantonner le classique “on nous cache tout, on ne nous dit rien”.

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Le mystère qui entoure les décisions prises par Mohammed VI ces dernières semaines rappelle, à ceux qui pourraient en douter, que l'État, c'est (d'abord) lui. Crédit: AFP PHOTO / LUDOVIC MARIN

Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés, ils deviennent des sujets”, disait l’économiste et sociologue français Alfred Sauvy. En août, quatre décisions majeures ont renvoyé les Marocains à leur statut de personnes auxquelles on ne daigne donner aucune explication : le timing de la grâce royale des détenus du Hirak, le projet de loi-surprise sur le rétablissement du service militaire et les limogeages inattendus du ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaïd, et de la secrétaire d’Etat à l’eau Charafat Afilal. Ce qui fait dire à l’ancien ministre Hassan Chami : “Au Maroc, la notion de citoyenneté n’est pas celle qui a cours ailleurs. Nous ne sommes pas des citoyens à part entière, mais nous ne sommes pas que des sujets. On évolue entre les deux.” Une sacrée ambiguïté qui…

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