Hommage: la chevauchée makhzénienne du fils Glaoui

Fils du pacha de Marrakech et artiste prolifique, Hassan El Glaoui s’est éteint à Rabat le 21 juin, à 94 ans. Retour sur le parcours d’un homme à l’élégance rare, sans doute le meilleur peintre figuratif que la scène nationale ait produit.

Par

L'artiste dans son atelier, un jour de mars 2005. Au fond, à droite, détail d’une toile d'Émilie Charmy, celle que Glaoui considérait, avec reconnaissance, comme son maître. Crédit photos : Hassan Nadim

Rares étaient les ressortissants de l’ex-empire chérifien à pouvoir afficher un aussi prestigieux pedigree que celui du petit Hassan. Né à Marrakech en 1924, du Grand Pacha, Thami El Glaoui, et de Lalla Zineb, fille du Grand vizir El Mokri. Fils de Si Mohamed Ben Hammou et de Zora, une esclave éthiopienne, frère de Si Madani, Thami sera nommé, par Lyautey, à la mort de son frère aîné, en 1918, unique héritier des Glaouas, puissante tribu qui tenait sous son joug toute la région du Haouz, et bien au-delà. À la manière des grands seigneurs médiévaux — prêtant certes allégeance au pouvoir central (sultans et/puissance coloniale), mais jouissant, en réalité, d’un pouvoir autonome très poussé. Veuve de Madani, et une des deux épouses libres de Thami — lequel avait également deux concubines venues de Turquie —, Lalla Zineb était, elle, la fille d’un des plus…

article suivant

Efficacité des vaccins Covid-19 : la bataille des chiffres