Interdit de colloque, les explications de Nourredine Ayouch

Malgré l'interdiction par les autorités locales de son colloque sur les libertés individuelles, Nourredine Ayouch président du collectif organisateur entend bien l'organiser "ultérieurement et en abordant les choses autrement".

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Noureddine Ayouch Crédit: DR

Désolé, je n’ai pas vu votre appel, je suis sorti prendre l’air au vu de ce qui m’est arrivé, » nous dit, dépité, Nourredine Ayouch au lendemain de l’interdiction du colloque international sur les libertés individuelles. Organisée par le collectif démocratie et libertés (CDL) dont il est président, le colloque devait se tenir du 22 au 23 juin à Casablanca, mais a connu une série de désistement avant d’être interdit par les autorités marocaines.

Déposée le 18 juin auprès de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, la demande d’autorisation de la tenue du colloque a été refusée par les autorités 48 heures plus tard, nous explique Noureddine Ayouch, qui dit en avoir été notifié par écrit.

« J’ai reçu un courrier de la préfecture d’Anfa me signalant que le colloque est interdit, car nous n’avons pas respecté les procédures légales, ce qui n’est pas vrai, évidemment, » nous explique le patron de l’agence de communication Shem’s.

« On voulait organiser des débats serein et contradictoire sur la question des libertés individuelles, mais je pense que le pays n’est pas encore prêt », ajoute-t-il.

Réagissant à l’interdiction de l’événement, en marge du conseil du gouvernement du 21 juin, Mustapha El Khalfi porte-parole de l’exécutif s’est contenté de dire : « Si une personne se sent lésée, elle peut mener une action en justice ».

Les mésaventures de ce colloque qui devait traiter de questions liées à la liberté de culte, au droit de disposer de son corps et de sa sexualité commencent dès le 16 juin. Ce jour-là, la Fondation du roi Abdul-Aziz Al Saoud, habituée à abriter les manifestations du collectif, publie un communiqué où elle indique qu’elle « n’a pas autorisé » le CDL à organiser le colloque dans ses locaux.

La manifestation devait alors avoir lieu à l’hôtel Idou Anfa à Casablanca, mais le CDL se voit à nouveau opposer un refus. Nourredine Ayouch affirme alors que « la fondation avait accepté d’abriter l’événement avant de se rétracter à cause de Ahmed Taoufik directeur de l’institution. Idem pour l’hôtel Idou Anfa qui est revenu sur son accord de principe ».

Du côté des invités, Mohamed Aujjar ministre de la Justice et Nabil Benabdellah secrétaire général du PPS, qui devaient tous les deux intervenir à l’ouverture du colloque, se sont désistés.

« Quand Nourredine Ayouch m’a appelé, il m’a présenté le colloque comme traitant des libertés en général et que plusieurs personnalités dont le chef du gouvernement et d’autres chefs de partis, allaient y prendre part. J’ai accepté, mais quand j’ai vu le programme, je l’ai appelé pour annuler, ma participation, » nous explique Nabil Benabdallah.

Et de poursuivre : « Parler de libertés individuelles ne me gêne pas, mais c’est une question difficile à assumer politiquement. Noureddine Ayouch a choisi un sujet marginal et polémique et dans le contexte actuel, cela ne passe pas ».

Pour Noureddine Ayouch, les personnalités qui ont annulé leur participation « ont peur des conservateurs » et « se cachent derrière un argumentaire qui ne tient pas la route ».

Le président du CDL ne perd pas non plus espoir, il entend organiser son colloque « ultérieurement et en abordant les choses autrement, » explique-t-il sans en dévoiler davantage.

 

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