Cherkaoui, enfin chez lui

Première rétrospective consacrée à un pionnier de l'art moderne marocain, la très belle exposition Cherkaoui au MMVI pose la question déterminante de la mission principale qui devrait être celle de ce musée national : participer à écrire et faire connaître au public cette histoire de l'art moderne et contemporain marocain, vieille de près de trois quarts de siècle, mais méconnue de presque tous.

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Huile sur toile de jute, datée de 1962. Points-cercles, têtes de flèches et losanges cloisonnés. Une abstraction informelle aux accents berbères. Crédit: Musée Mohammed VI

Ahmed Cherkaoui est né en 1934. Dans la très spirituelle petite cité de Boujad, à l’architecture maraboutique épurée, d’une blancheur immaculée. Il descend, par son père, du célèbre mystique Bouabid Cherki. Sa mère est une Berbère des Zayanes. L’enfant la perdra trop tôt. Une blessure. Cependant, il évoquera, plus tard, une enfance assez heureuse, passée à Beni Mellal. La légende voudrait qu’à un moment ou un autre, il ait appris la calligraphie traditionnelle sous la baguette d’un mâalem en la matière. Aucun élément ne corrobore — du moins à notre connaissance — ce point qui fait si joliment sens dans sa biographie officielle. Ce dont on est certain, c’est qu’on le retrouve, adolescent, exerçant, à Casablanca, le métier de peintre…

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