Sidérurgie: les producteurs marocains craignent la fermeture du marché américain

Donald Trump a décidé le 8 mars dernier de taxer les importations d’acier à hauteur de 25% et d’aluminium à 10%. Cette mesure protectionniste inquiète les producteurs marocains qui voyaient dans le marché américain une destination stratégique pour remédier à la "stagnation" du marché local.

Par

Yassine Toumi

Le 8 mars dernier, le président américain décidait d’imposer une taxe de 25% sur les importations d’acier et 10% sur celles de l’aluminium, sur tous les producteurs du monde entier. Motif selon Donald Trump: « l’industrie américaine de l’acier et de l’aluminium a été dévastée par des pratiques commerciales étrangères agressives. C’est une véritable agression contre notre pays« .

La décision n’est pas passée inaperçue au Maroc où la situation du marché est « stagnante  et inquiétante » alors que la production nationale excède la demande, nous explique David Toledano, président de la Fédération des industries des matériaux de construction au sein de la CGEM, .

Les industriels marocains s’inquiètent d’autant plus qu’ils estiment que le marché américain est « stratégique« . Ce dernier serait une « référence majeure« , tant du point de vue de l’exigence des standards de la qualité que de la compétitivité. « Nous sommes capables de fournir de l’acier en Amérique, bien que le marché soit disputé », estime néanmoins David Toledano. Les industriels marocains sont dans l’attente d’une liste des pays visés par la taxe qui doit être publiée à la fin du mois de mai.

Quel impact économique sur les industriels marocains ?

Dans l’absolu, l’impact économique sur les producteurs marocains pourrait être « faible« , dans la mesures où les exportations des industriels marocains vers le marché américain étaient encore minimes. Néanmoins, les sidérurgistes comptaient bien y remédier. « Nous venons d’ouvrir cette porte et Sonasid a ainsi exporté vers les Etats-Unis. La crainte que nous avons, c’est que la taxe que Trump a imposé aux fabricants, nous soit appliquée, et ce malgré les accords de libre d’échange entre les deux pays », explique David Toledano. Une mesure protectionniste, donc, qui risque de bloquer la porte par laquelleles producteurs marocains espéraient passer pour écouler l’excédent de la production nationale.

« Au cas où nous serions touchés, nous demanderions à ce que les produits importés des Etats-Unis soient taxés ou abandonnés« , prévient le président de la fédération, reconnaissant tout de même que les industriels marocains n’ont pas la même capacité de réaction vis-à-vis des Etats-Unis, que des pays européens. Il ajoute : « qu’ils nous laissent tranquilles, nous ne faisons pas de dumping, nous ne représentons pas une menace pour les producteurs américains« .

Selon David Toledano, les autorités marocaines n’ont pas encore réagi à la décision du président des Etats-Unis d’Amérique. « Nous faisons nous-mêmes nos alertes. Nous n’avons pas encore saisi les autorités. Il faut attendre la fin du mois de mai pour savoir si on est sur la liste définitive des pays pour lesquels la taxe sera imposée« , explique-t-il. Figurer sur cette liste mettrait alors un sérieux coup de frein aux ambitions des industriels marocains de prendre de la taille sur le marché américain.

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Par Rida Ancari