Pourquoi certains médias parlent-ils d’un come-back de Mohamed Hassad ?

Alors que le Mouvement populaire prépare son congrès national, prévu pour septembre prochain, des médias reprenant le HuffPost Maroc parlent d'un retour de Mohamed Hassad sur la scène politique, en tant que futur secrétaire général de la formation harakie.

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Mohamed Hassad , ministre de l'Intérieur et son homologue allemand à Rabat en février 2016. Crédit: AFP

L’ex-ministre de l’Intérieur, qui avait été limogé par le roi, le 24 octobre 2017, suite au rapport de la Cour des comptes sur les retards accusés par le programme d’Al Hoceima Manarat Al Moutawassit, pourra-t-il devenir le SG de la cinquième force politique du pays ?

Citant des sources concordantes en off, le Huffpost Maroc écrit que l’ancien ministre met à profit sa traversée du désert pour « se recentrer sur son cercle privé, et s’adonner à un exercice quotidien de marche qu’il affectionnait tant« . « Il assiste également aux réunions du Mouvement populaire« ,  et « lis des ouvrages stratégiques » pour approfondir ses connaissances sur l’économie du pays« .

D’après notre confrère, »l’ancien ministre de l’Intérieur déroule désormais une mécanique qui pourrait le conduire à la tête de la cinquième force politique du pays ». 

Contacté par Telquel.ma, Mohand Laenser, secrétaire général du Mouvement populaire, ne confirme ni infirme les informations relatives au retour de l’ancien ministre de l’Intérieur, et se contente de déclarer qu’il « n’est pas en mesure de censurer les médias« . « Je ne pense pas que Hassad aurait demandé quelque chose aux médias« , a-t-il ajouté, répondant à ceux qui soupçonnent l’ancien ministre d’orchestrer une campagne médiatique pour préparer son retour.

Pour Mustapha Aslalou, membre du bureau politique du parti de l’épi, la perspective de voir l’ancien ministre propulsé SG est plausible. « Hassad est très actif au sein du parti et ne s’absente jamais des réunions du bureau politique. Il est d’ailleurs membre du comité de coordination et de suivi de la préparation du congrès, où il est toujours présent« , assure-t-il.

De son côté, Mohamed Moubdii, ancien ministre délégué à la Fonction publique, autre candidat potentiel au poste de SG, se montre évasif: « la voie est ouverte pour tout militant du parti souhaitant se présenter aux élections du secrétariat général« .

Prépare-t-on le terrain pour Hassad ?

Sur la possibilité que l’ex-ministre de l’Intérieur fasse un retour sur la scène politique via le secrétariat général du parti lors du prochain congrès, Mustapha Aslalou explique qu' »on ne peut  pas savoir, car les statuts du parti vont à l’encontre de cette éventualité« .

En effet, l’article 50 des statuts dispose que « pour qu’un candidat se présente au secrétariat général, il doit passer au moins un mandat (4 ans, NDLR) au sein du bureau politique« . Une condition que Mohamed Hassad ne remplit pas, puisqu’il est devenu membre de parti lors de la formation du gouvernement El-Othmani, en avril 2017.

En revanche, « lors de la dernière réunion du comité de préparation, tenue récemment, le secrétaire général a évoqué l’importance d’amender l’article 50« , témoigne Mustapha Aslalou.

Un amendement que ce dernier justifie par la nécessité de « s’ouvrir sur les nouveaux membres du parti qui n’ont pas encore passé plus d’un mandat« . Mohand Laenser pour sa part reste prudent et renvoie la balle aux militants : »ce sont eux, lors du congrès, qui vont décider de l’amendement« .

Dans le cadre des préparations du prochain congrès, le MP a créé un comité pour sélectionner les militants du parti qui y prendront part. Ce sont ces militants-invités qui seront en mesure d’amender ou pas l’article 50.

Sans amendement de ce dernier, l’hypothèse d’un retour de Hassad sur la scène politique en tant que SG du parti, serait écartée. Au contraire, si les sélectionnés qui seront conviés au congrès, optent pour la révision de l’article en question, évoquer un come-back aura en effet plus de crédibilité et de sens.

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