La dure réalité d'enfants marocains scolarisés à Mélilia

A Mélilia, des élèves de nationalité marocaine n'ont plus le droit d'aller à l'école depuis la rentrée scolaire, car ils sont sans-papiers. Tous les vendredis, ils se réunissent pour protester.

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Crédit: AFP

Des enfants marocains, bien qu’ils soient nés dans l’enclave administrée par l’Espagne, n’ont plus accès à l’éducation nationale. Pour cause: ils n’ont pas de papiers. Pourtant, la majorité d’entre eux sont nés à Mélilia et y ont grandi.

Depuis la rentrée des classes en septembre, ces 160 enfants non scolarisés demandent qu’on les laisse assister aux cours. Chaque vendredi, ils se rassemblent et scandent « nous voulons aller à l’école« .

En vertu du droit international, tous les enfants ont le droit à une éducation de base, qu’ils aient des documents en règle ou non. A Mélilia cette règle n’est pas respectée. L’association Prodein a donc lancé une pétition pour exiger du Ministère espagnol de l’Éducation de laisser ces 160 enfants étudier.

Pour pouvoir suivre des cours à l’école, les autorités espagnoles exigent que les enfants prouvent qu’ils sont recensés, chose qui semble presque impossible à Mélilia, sans documents. « Sans papiers ils ne te recensent pas, et sans recensement, tu ne reçois pas de papiers. Comment ces enfants vont-ils être scolarisés alors? », déplore l’association dans sa pétition. « Je suis né à Mélilia, pourquoi ne puis-je pas étudier avec mes amis? », se plaint un jeune garçon dans une vidéo postée sur la page de la pétition.

Une nouvelle école … à Nador?

Mélillia présente un taux élevé d’élèves par professeur. Selon le site d’informations locales, El Faro de Melilla, pour faire face à cette situation, les autorités locales ont proposé, lors d’une rencontre à Madrid, au président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, de construire un nouvel établissement scolaire espagnol dans la région de Nador.

Plus de 1.000 enfants marocains étudient dans les écoles de Mélilia. 200 d’entre eux franchissent la frontière pour ce faire chaque jour.

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