Pour le PPS, "l'Etat fabrique les leaders des partis de l'Administration"

En préparation de son congrès national qui se tiendra début mai, le parti du Progrès et du Socialisme s'est exprimé dans un document politique sur les différents courants dominant le paysage politique actuel.

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Nabil Benabdellah devant le comité central du PPS . Crédit : Rachid Tniouni

A l’occasion de son congrès national qui se tiendra les 11, 12 et 13 mai 2018, le PPS a préparé un document politique (watiqa siyassiya) qui analyse les différents courants du paysage politique marocain. A commencer par la Koutla, minée par les fractures au sein de ses partis. Des fractures causées par l’absence de clairvoyance chez les dirigeants du parti de l’Istiqlal et ceux de l’Union socialiste des forces populaires, comme le pointe le document, et qui ont donné naissance à des forces politiques aux références religieuses.

« Nous nous sommes pas contre l’islam politique »

« Au lieu de tirer les leçons de cette expérience, on s’est engagé dans des conflits populistes et des surenchères gratuites, loin des positions historiques et militantes de ces deux partis« , peut-on lire dans le document, qui ajoute que les « les partis dits de l’islam politique ne sont pas issus réellement de mouvements religieux, mais plutôt de facteurs conjoncturels tels que l’échec des politiques de développement et la crise de la gauche« .

Le parti du livre s’est également exprimé sur sa relation avec le Parti de la justice et du développement. « Notre parti ne s’oppose pas en principe aux partis aux références religieuses, mais se positionne par rapport à eux en fonction de leur avis sur les problématiques sociales, ce qui explique notre participation aux deux gouvernements présidés par le PJD, en application d’un programme gouvernemental consensuel basé sur le respect des libertés individuelles et collectives et les acquis constitutionnels« , peut-on lire dans le document.

Partis de l’Administration et oligarchie, les liaisons dangereuses

D’autre part, le PPS s’est penché sur le rapport entre les partis de l’Administration et l’oligarchie dominante, estimant que « ces formations politiques se sont constituées près des cercles de pouvoir« , et que « certaines d’entre elles ont grandi dans le contexte des flagrantes fraudes électorales« .

Pour le parti dirigé par Nabil Benabdellah, « l’Etat pousse depuis l’indépendance certaines personnalités à fonder des formations politiques ayant pour but de défendre les intérêts de cette oligarchie et de s’opposer aux propositions de la gauche et des forces nationales« . Une situation qui « contribue énormément à l’ambiguïté prédominante dans le paysage politique, au vu de la maigreur de la production intellectuelle de cette oligarchie« .

Cherki Lahrech, pour TelQuel Arabi / Traduction : Omar Kabbadj. 

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