Elomari bientôt fixé sur son sort à la tête du PAM

Initialement prévue pour janvier, la prochaine session extraordinaire du Conseil national du PAM devra, entre autres enjeux, trancher sur le sort d'Ilyas Elomari à la tête du parti. Les détails.

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Ilyas El Omari © Yassine Toumi / TELQUEL

En sourdine depuis près de trois mois, les membres dirigeants du PAM vont bientôt se prononcer sur une question restée en suspens depuis le 22 octobre dernier. C’était à Skhirate, lors de la dernière réunion du Conseil national du parti au tracteur.

À l’époque, Ilyas Elomari, dont la démission avait été rejetée par l’organe législatif du parti, proposait de revenir à ses fonctions à la condition qu’un comité qu’il présiderait lui-même prépare une session extraordinaire du Conseil national, à même de trancher « par la forme la plus démocratique qui soit sur l’identité du secrétaire général du PAM« , annonçait un communiqué.

Cette commission devait également « apporter des propositions en prenant compte de tous les aspects juridiques et organisationnels pour que le Conseil national vote des décisions touchant au futur proche du parti« , nous déclare Nabila Benomar, membre du secrétariat du Conseil national du PAM.

Elle est composée de la présidente du Conseil national Fatima-Zahra El Mansouri, du secrétariat de la même instance, des présidents des commissions internes du PAM, ainsi que de 12 délégués élus de chaque région.

« Le comité vient de finir son travail et la session extraordinaire du Conseil national se tiendra très prochainement« , poursuit Nabila Benomar, précisant que « janvier n’a pas été annoncé comme date butoir de fin des travaux ».

Des préparatifs mouvementés

Toujours est-il que dans les colonnes de nos confrères de Medias24, la présidente du Conseil national, Fatima-Zahra El Mansouri, a fait part de son « choix de se retirer » dudit comité, considérant que ce dernier « n’a pas été en mesure de répondre à sa vocation initiale ni aux prérogatives conférées par le Conseil national« .

Selon le porte-parole du PAM Khalid Adnoun, cette décision de retrait n’a fait l’objet d’aucune notification. « Le comité a tenu depuis sa formation quatre réunions sans que nous ne soyons au fait du retrait de l’un de ses membres« , avance-t-il.

« Nous ne disposons d’aucune déclaration officielle qui approuve ce retrait. Mme Mansouri était simplement préoccupée par des circonstances personnelles« , souligne pour sa part Nabila Benomar. Contactée par nos soins, la présidente du Conseil national est restée injoignable.

Reste cependant que cette session extraordinaire du Conseil National annoncée comme imminente et devant étudier « tous les scénarios possibles » selon le porte-parole Khalid Adnoun, ne pourra être convoquée que par Fatima-Zahra El Mansouri, numéro 2 du parti. Une session où l’on annonce que le secrétaire général Ilyas Elomari sera présent « en sa simple qualité de membre du Conseil ».

En mal de chef

À en croire nos interlocuteurs, tout peut arriver lors de cette prochaine échéance. Ce qui n’est pas de l’avis de ce député PAM, considérant qu’Elomari « temporise en attendant le moment où il sera assuré de continuer en tant que chef« . Sous couvert d’anonymat, cet élu optant pour la démission d’Elomari nous déclare percevoir dans les guerres intestines au sein du PAM « l’obstination de l’actuel secrétaire général à vouloir décider seul ».

« Le problème n’est pas dans le comité, mais dans la personne du chef, poursuit-il, il a été prévu que ce groupe de travail évalue les erreurs du passé, le positionnement actuel du parti dans le champ politique et donne un élan d’avenir, mais il n’exécute finalement que ce qu’exige le chef« .

Pour Nabila Benomar, les divergences propres au sein du parti au tracteur « n’ont été que trop médiatisés et dramatisées alors qu’au contraire, cela reflète le caractère sain d’un parti ou il y a différents points de vue qui se discutent sans conflits personnels« . Celle qui dit défendre le projet PAM depuis l’avènement du Mouvement de tous les démocrates (MTD) estime que « le plus grave a été de personnifier les différends ».

Vers un congrès avant l’heure ?

De toutes les solutions pouvant être envisagées, celle de réunir un congrès extraordinaire pour renouveler toutes les instances du parti semble être la plus exclue. « C’est le Conseil national qui doit décider. Jusqu’ici, la question n’a pas été posée, mais ses prérogatives doivent être respectées », juge Nabila Benomar.

Pour le porte-parole Khalid Adnoune, cette option radicale « contient un vice de forme organisationnel », car « pour le faire, il faudrait avoir bouclé les congrès régionaux alors que deux seulement ont été tenus (Tanger et Oujda, NDLR) ».

Tout en admettant qu’il n’y a aucune corrélation entre les congrès régionaux et le travail du comité crée par Ilyas Elomari, notre interlocuteur estime qu' »on ne peut avoir un parti qui marche à deux vitesses ».

Chez les militants également, l’appel à un congrès avant l’heure serait visiblement synonyme de divisions irréversibles. « Trancher via la convocation d’un congrès serait une décision mauvaise pour l’avenir du parti parce qu’il y a un Conseil national de plus de 900 personnes et autant de voix, ce qui est un congrès en lui-même », explique un membre du Conseil national.

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