Les autorités répondent aux revendications des manifestants d'Outat El Haj

Les autorités locales d'Outat El Haj promettent des équipements médicaux et du personnel après trois semaines de protestations contre la "médiocre" qualité des services de santé.

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© FGD

La mobilisation de la population d’Outat El Haj (province de Boulemane) contre le « piteux » état des services de santé, après le décès d’un marchand ambulant le 8 janvier, semble porter ses fruits. Le gouverneur de la province, les directeurs centraux du ministère de la Santé et des élus locaux ont tenu une réunion le 23 janvier avec des représentants des manifestants pour trouver une solution à l’épineuse question de la qualité des services locaux de santé jugés « médiocres« .

Les autorités ont promis l’achat des équipements nécessaires, la création d’unités d’urgence de proximité dans les villages avoisinants. Les représentants de l’État se sont également engagés à affecter d’ici la fin du mois de juin un pédiatre, un gynécologue, deux médecins généralistes ainsi que sept techniciens et infirmiers polyvalents, nous rapporte Abdelaziz Lahmouzi, secrétaire du bureau local du PSU présent lors cette réunion.

Un nouveau véhicule ambulancier a été ramené au lendemain de la rencontre et un comité de suivi a été mis en place. « Nous avons le sentiment qu’il y a du répondant de la part des autorités, mais nous attendons fermement la réalisation de ces promesses pour être sereins« , nous déclare l’élu.

« Aujourd’hui une crise de confiance s’est installée entre les habitants et les autorités. En juin dernier, nous avons tenu une réunion avec des représentants du ministère de la Santé sans que cela aboutisse à un résultat concret« , poursuit notre interlocuteur. Les manifestants d’Outat El Haj se sont fixé un délai d’observation de 10 jours avant de décider de l’issue de la protestation.

Il y a presque trois semaines, la mort d’un cinquantenaire, marchand ambulant, à bord de l’ambulance qui le transportait à Fès a provoqué la colère de la population. Le ministère de la Santé avait réagi par communiqué au lendemain du décès en expliquant qu' »aucun manquement n’est à reprocher à ses services lors de la prise en charge du citoyen, victime d’un grave accident de la circulation« .

Une réaction qui a davantage attisé la colère des habitants d’Outat El Haj, qui ont alors investi la rue. « Nous avons à maintes reprises protesté contre le manque d’effectif et d’équipement médicaux, mais aussi contre la manière humiliante avec laquelle les habitants sont traités une fois qu’ils ont franchi la porte de l’hôpital. Mais après ce récent décès, il fallait réagir!« , nous confie Mohamed Dahmani élu local du Parti socialiste unifié (PSU).

Le 10 janvier, sept personnes, dont quatre élus locaux de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), sont convoquées par le bureau juridique de la gendarmerie. « Nous avons été entendus au motif d’incitation au vandalisme. C’est absurde et péjoratif, car ils n’avaient aucune preuve d’un quelconque acte de vandalisme. Nous manifestions pacifiquement pour des droits élémentaires« , nous confie Abdelaziz Lahmouzi. Aucune poursuite n’a été engagée contre les sept manifestants qui attendent toujours la convocation du procureur du roi.

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