Exploration pétrolière aux Canaries : pour le gouvernement espagnol, "le Maroc est un pays souverain"

Mercedes Roldós, déléguée du gouvernement espagnol dans les Canaries (crédit: DR)

La déléguée du gouvernement ibère dans les Canaries a répondu au gouvernement autonome de l’île, qui exprime depuis plusieurs jours ses réticences face aux travaux d’exploration pétrolière menés à l’est de son archipel. Le Maroc, qui a accordé les permis de recherche, « est un pays souverain », a-t-elle déclaré.

Le projet d’exploration, baptisé « Tarfaya Offshore Shallow », s’étend sur une zone de 23.900km2, située entre les côtes méridionales marocaines et les îles canariennes de Fuerteventura et de Lanzarote. « Ce sont des eaux sous juridiction marocaine. (…) Tout ce que nous pouvons faire, dans tous les cas, c’est demander des informations au gouvernement marocain, et exiger des garanties environnementales. Rien de plus », a estimé jeudi Mercedes Roldós, la représentante de Madrid à Las Palmas de Gran Canaria.

Rabat « délivre depuis plusieurs années des dizaines d’autorisations pour chercher du pétrole », a affirmé cette responsable. « Nous respectons le cadre réglementaire, que ce soit le code des hydrocarbures ou la loi sur l’environnement », avait effectivement déclaré à Telquel.ma Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM).

Lire aussi : Exploration pétrolière au large des Canaries : pour l’ONHYM, « pas de raisons de s’inquiéter »

Depuis l’octroi par le Maroc du permis de prospection à la société pétrolière italienne ENI, le 20 décembre dernier, la société civile et les dirigeants politiques canariens s’alarment des menaces sur l’écologie et le tourisme que pourrait présenter un éventuel forage – si les études préliminaires se révèlent favorables, l’exploitation ne pourrait toutefois commencer avant plusieurs années, selon l’ONHYM.

Au cours de la semaine, plusieurs élus de l’archipel autonome ont officiellement demandé au gouvernement central d’obtenir des garanties de son homologue marocain. Par la voix de sa porte-parole locale, la réponse de Madrid est claire : « le Maroc est un pays souverain. Il entretient de bonnes relations avec l’Union européenne, et par conséquent avec l’Espagne », a-t-elle évacué. Reste maintenant à savoir si cette réponse suffira à rassurer la société civile canarienne, très mobilisée sur les questions environnementales.

Lire aussi : Les Canaries s’inquiètent des forages pétroliers autorisés par le Maroc au large de ses côtes

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