La neige au Sahara, entre mythes et poésie

Dérèglement climatique ou fantasme poétique ? La neige sur des dunes aux portes du Sahara, photographiée le 7 janvier, ce n'est pas si rare qu'on peut le croire.

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Des dunes de sables enneigées à Ain Sefra (Algérie) le 7 janvier. Crédit : Météo France / Twitter

Dérèglement climatique ou fantasme poétique ? La neige sur des dunes aux portes du Sahara, photographiée le 7 janvier, ce n’est pas si rare qu’on peut le croire.

« ‘La Neige au Sahara’, c’est un titre magnifique, c’est poétique« , faisait remarquer le présentateur Ali Baddou à la chanteuse Anggun, juste après l’interprétation de sa chanson éponyme au Marrakech Climate Show, le 14 novembre 2016, pendant la COP22. « C’est déjà arrivé. Dans les années 70, il me semble, il a neigé pendant une demi-heure« , répondait la chanteuse d’un air mystérieux.

Selon la presse, le phénomène météorologique s’est produit à nouveau le 7 janvier. « Ce phénomène est rarissime : il s’agit de la deuxième fois en 37 ans que de la neige est vue sur ces dunes, » s’enthousiasme Paris Match, reprenant un commentaire publié sur Twitter.

De nombreux clichés et vidéos, certes enchanteurs, montrent en effet les dunes de sable de Ain Sefra recouverte d’un manteau neigeux. Aïn Sefra se situe en Algérie, à quelques kilomètres à vol d’oiseau au nord-est de Figuig. À plus de 1000 mètres d’altitude, Ain Sefra se trouve au pied de l’Atlas qui marque la limite nord du désert du Sahara (au nord d’une ligne imaginaire que l’on appelle l’isohyète, les précipitations sont supérieures à 200mm/an, au sud elles sont inférieures). Les dunes d’Ain Sefra sont en fait aux portes du Sahara, davantage que dans le désert du Sahara lui-même, qui court de l’Atlantique à la mer Rouge, d’ouest en est du continent africain.

En outre, sans rien enlever à sa poésie, le phénomène n’est pas si rare. Selon l’ingénieur prévisionniste à Météo France Étienne Kapikian, dans la région d’Ain Sefra, « de la neige est observée régulièrement, tous les deux à cinq hivers« .

La preuve ? Le photographe algérien Karim Bouchetata, dont les clichés sont largement repris, a eu l’occasion de prendre les mêmes… il y a un an tout juste, quasiment jour pour jour. L’occasion déjà pour LeFigaro.fr d’expliquer que le phénomène n’était pas si rare.


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