Quand Bouabid et El Yazghi dénonçaient la pauvreté et la corruption au Maroc

Une vidéo rare datant de 1972 montre l'ex-chef de l’USFP et son jeune lieutenant, s’exprimant devant une caméra française sur la situation politique, économique et sociale du royaume.

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Quand l’USFP menait l’opposition. Depuis quelques jours, une vidéo montrant les leaders socialistes Abderrahim Bouabid et Mohamed El Yazghi fait le tour des réseaux sociaux. Dans cet enregistrement datant supposément de 1972, on voit les anciens leaders de l’USFP dénoncer la corruption et la pauvreté au Maroc .

« Depuis 1960 pratiquement, le système de corruption s’est généralisé« , regrette d’emblée Abderrahim Bouabid. Pour étayer son propos, le chef de l’opposition de l’époque affirme que de jeunes ministres en poste « depuis six ou sept mois […] s’enrichissent de manière scandaleuse« . Sans donner de précision sur l’origine de cet enrichissement soudain, l’ancien premier secrétaire de l’USFP  affirme que « le petit peuple le sait ».

Peu tendre au sujet des gouvernants de cette période, Bouabid assure que ces derniers vivent dans « un luxe insultant et de mauvais goût ». «  Ils ne savent même plus quoi faire de cet argent-là. Ils l’exportent à l’étranger et n’investissent pas dans leur pays« , assène-t-il.

Dans un autre passage de cette vidéo on voit Mohamed El Yazghi au bord d’une voiture, garée à côté de la villa d’un « haut fonctionnaire de l’État ». Pour appuyer les propos de son chef, il pointe du doigt des mendiants attendant « la fin du repas pour recevoir quelques restes de pain, couscous ou méchoui ».

El Yazghi embarque ensuite le journaliste qui l’accompagne dans un tour de Rabat qui les mène  notamment au bidonville ayant donné naissance au quartier populaire de Yaâcoub El Mansour. L’endroit abritait alors des populations venues de différentes régions de l’arrière-pays marocain.

« Une fois ici, ils se heurtent aux difficultés de trouver l’emploi pour lequel ils sont venus s’installer« . El Yazghi, jeune cadre de USFP à l’époque, désigne ensuite un mur que les Rbatis appelaient, selon ses dires, « la muraille de la honte » affirmant qu’elle a été construite » sur les ordres du roi « pour cacher le décor aux automobilistes ». Des restes de ce mur sont encore visibles  sur la route côtière reliant la capitale à Casablanca, et passant par Témara et Skhirat.

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