Ramid regrette que Benkirane "réduise le PJD à sa propre personne"

Mustapha Ramid a vivement critiqué les propos du chef de son parti, Abdelilah Benkirane, tenus samedi dernier lors de la rencontre nationale des élus communaux du PJD.

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Mustapha Ramid et Abdelilah Benkirane lors de la conférence/ Crédit Rachid Tniouni

Mustapha Ramid a vivement critiqué les propos du chef de son parti, Abdelilah Benkirane, tenus samedi dernier lors de la rencontre nationale des élus communaux du PJD.

« J’ai été surpris par le discours du secrétaire général, Abdelilah Benkirane, lors de la rencontre nationale des élus communaux du PJD, au sujet de son rôle et celui de ses confrères lors de la campagne électorale de 2011« , écrit le ministre d’État aux Droits de l’Homme sur Facebook, donnant davantage de poids aux récentes rumeurs sur les  dissensions dans les rangs des leaders du PJD.

Dans sa publication,Mustapha Ramid cite ensuite  un extrait du discours de Benkirane: « pour que nous soyons clairs, c’est moi qui étais le numéro 1 de la campagne. Certains sont partis en pèlerinage, certains ont fait une campagne modeste, certains ne voulaient pas faire campagne, et certains ne voulaient même pas participer à ces élections« .

« Il s’agissait d’un événement pour discuter du travail des élus communaux du parti. Or, la prise de parole de Benkirane était totalement hors sujet, et il aurait fallu éviter tout ce qui pourrait aggraver les différends et asseoir les conflits« , fait remarquer Ramid.

L’ancien ministre de la Justice regrette que « Benkirane agisse contrairement à ce qu’il a avancé le 16 octobre dernier« , quand « il a relevé que les déclarations de certains membres du parti ne répondaient pas aux règles de bonne conduite, allant même jusqu’à manquer de respect à certains« . Il s’est ensuite interrogé sur « l’intérêt d’évoquer cela aujourd’hui » et sur la compatibilité de « son discours avec ses directives« .

Jugeant « fausses » les déclarations de Benkirane, Ramid rappelle qu’il était « le seul à avoir effectué le pèlerinage en 2011, lors du dépôt des candidatures« , et précise qu’il était de retour « pour le début de la campagne électorale« .

Plus loin, il estime que « la manière dont Benkirane a parlé de sa propre implication lors des élections de 2011 a diminué celle des autres leaders du parti, comme s’ils avaient été indolents et inconscients des prestations du parti lors d’une période historique« , regrettant que Benkirane réduise le parti à son unique personne.

Mustapha Ramid révèle par ailleurs « avoir appelé Abdelilah Benkirane, espérant de lui qu’il présente ses excuses« . Il n’en fut rien, ce qui n’a pas laissé d’autre choix au ministre d’État qu' »une mise au point » publique sur Facebook.