Egalité hommes/femmes: La Tunisie, un modèle pour le Maroc ?

Egalité hommes/femmes: La Tunisie, un modèle pour le Maroc ?

A l'instar du "débat national" lancé par le gouvernement tunisien sur la question de l'égalité hommes/femmes, des féministes marocaine plaident également pour prise en compte du phénomène dans le royaume. Un chantier dans lequel la Tunisie pourrait faire figure d'exemple.

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Les inégalités en matière de droits de propriété restent profondes. Crédits : AFP

A l’instar du « débat national » lancé par le gouvernement tunisien sur la question de l’égalité hommes/femmes, des féministes marocaine plaident également pour prise en compte du phénomène dans le royaume. Un chantier dans lequel la Tunisie pourrait faire figure d’exemple.

« Nous allons vers l’égalité entre eux [hommes et femmes] dans tous les domaines. Et toute la question réside dans l’héritage ». C’est avec des mots forts que le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a lancé dimanche 13 août un débat national sur la question de l’héritage entre les hommes et les femmes. Un exemple type qui incarne bien, pour de nombreux féministes, le phénomène des discriminations liées au sexe dans le monde musulman.

Loin d’être épargnées ce phénomène, des femmes marocaines plaident également pour une avancée dans ce domaine. Un changement dans lequel la Tunisie pourrait faire figure de modèle, notamment dans l’application des lois égalitaires.

Le fer de lance du féminisme dans le monde musulman?

« Selon moi, la Tunisie a toujours été un exemple distingué pour les pays arabes et musulmans. L’état des droits des femmes est clairement plus avancé que dans d’autres nations« . Pour la militante féministe et membre de l’ADFM (Association Démocratique des Femmes du Maroc) Khadija Rougani, la Tunisie est bel et bien un modèle à suivre. « Que cela soit sur la question de l’avortement, de l’interdiction de la polygamie ou dans bien d’autres domaines, les progrès sont réels« , s’enthousiasme-t-elle. Un succès qui devance les travaux du royaume en la matière pour la militante : « Au Maroc, les femmes ont du attendre 2004 pour pouvoir demander le divorce. Il a fallu affronter de nombreuses résistances à l’époque alors que la Tunisie avait déjà réglé cette question« , retrace-t-elle. 

Loin d’en rester au stade de la constatation, les militantes féministes souhaitent prendre les devants : « Certes la Tunisie est un modèle, mais nous souhaitons le dépasser« , aspire Fouzia Assouli, présidente de la Fédération de la Ligue démocratique des droits des femmes. Une ambition réalisable, notamment de part les proximités socio-culturelles entre les deux pays, qui affrontent des problématiques semblables : « Que ce soit au Maroc ou en Tunisie, les spécialistes s’accordent pour dire que la législation en terme d’héritage n’est plus en adéquation avec le contexte social actuel« , déplore la présidente.  

Quid de l’application des lois ?

Plus que les lois en elles-mêmes, c’est avant tout dans leur application que la Tunisie fait office de référence pour Khadija Rougani : « Contrairement à la Tunisie, il y a un phénomène de résistance dans la population marocaine vis-à-vis de certaines lois« , déplore-t-elle. Celle-ci se traduit sur trois niveaux : « Culturel, idéologique et religieux« , énumère la militante féministe.

Malgré ce triste constat, force est de constater les progrès du royaume en matière d’égalité hommes/femmes sur ces dernières années : « Il y a eu une très grosse progression qui correspond aux changements des structures sociales du pays. Aujourd’hui, les femmes ont pris conscience de leur poids dans la société. On espère continuer cet élan« , se réjouit Fouzia Assouli. 

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