Migration : les sans papiers préfèrent passer par le Maroc plutôt que la Libye

La situation d'insécurité en Libye pousse de plus en plus de migrants clandestins à utiliser le nord du Maroc comme point de transit vers les côtes européennes.

Par

Patera
Des migrants clandestins dans une embarcation pneumatique dans le détroit de Gibraltar. Image d'illustration. Crédit: AFP / Marcos Moreno Crédit: AFP / Marcos Moreno

Si les candidats à l’immigration clandestine sont de plus en plus nombreux sur la voie maritime entre la Libye et l’Italie, la voie Maroc-Espagne semble davantage privilégiée. Selon le ministère italien de l’Intérieur, cité par le quotidien ibérique El Diario de Jerez, le nombre de migrants arrivés en Italie depuis la Libye a augmenté de 8,9 % sur les six premiers mois de l’année 2017 par rapport à la même période en 2016. Parallèlement, à l’ouest de la Méditerranée, la hausse a atteint 200 % entre les côtes maghrébines – en particulier marocaines – et espagnoles. Les arrivées ont même culminé arrivant à 300 % le mois de juin 2017.

À Agadez, dans le nord du Niger, « les candidats à l’immigration clandestine évitent de plus en plus la Libye et essaient d’atteindre l’Europe depuis le Maroc« , poursuit le journal espagnol. Helena Fronteras de l’ONG Caminando Fronteras explique pour sa part que « la route maritime Libye-Italie entraîne des risques excessifs, beaucoup plus qu’en Méditerranée occidentale« .

Même son de cloche du côté de Francesca Friz-Prguda, représentante du Haut-commissariat des Nations unies aux Réfugiés en Espagne, qui indique que les migrants passant par la Libye sont exposés « aux abus, aux viols, à la séquestration, à l’extorsion de fonds, et même un semi-esclavage temporaire. C’est pourquoi ils optent de plus en plus pour la Méditerranée occidentale ».

Pabo Pumares, directeur du Centre d’études des migrations et des relations interculturelles à l’université d’Almeria, impute la nouvelle tendance migratoire à un « relâchement de la vigilance au Maroc« , ajoutant que « les autorités sont plus occupées à essayer de contenir les manifestations dans le Rif« .

Toujours d’après El Diario de Jerez, « 1.423 migrants clandestins marocains ont atteint les côtes andalouses sur les six premiers mois de l’année 2017. La plupart d’entre eux sont partis depuis Al Hoceïma et Nador ».

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